139. angel dust

L'autre soir, la nuit était tombée depuis longtemps et il ne faisait même pas noir. Je pouvais voir très loin devant moi sur le lac gelé et derrière les troncs des sapins dénudés jusqu'à hauteur d'hommes [les plus grands...] Et deux fois de suite à minuit, celui d'ici et celui de la France, j'ai regardé l'étoile polaire, ma belle étoile du Nord, et j'ai fait un Voeu.

J'ai prononcé les mots en toute liberté et avec amour ce voeu qui appartiendra à tout jamais au monde des secrets. Entre elle et moi et la poussière d'étoiles qui descendait se baigner dans la neige bleutée. C'est là que j'ai prononcé le voeu.

J'étais seule là-bas et j'avais parfois un peu peur des loups la nuit, mais je fermais quand même toutes les lumières et je m'éclairais juste avec la flamme de la cheminée pour regarder dehors et là, de ma petite fenêtre, je voyais toute la vie de la nuit, ce qu'il y a quand on dort d'habitude. C'est beau le monde endormi. Un peu comme quand je travaille devant cet écran avec l'impression fugitive de tout voir et de capturer les trésors du monde sans être vue. C'est ainsi que je regardais la belle angel dust inonder les arbres verts à moitié nus. C'était le 4 janvier.