134. bye bye 2002

Sous la dure écorce_Patrick Bizouard

Et cet oeil, ce regard sur moi-même, cet unique regard désolé qui est toute mon existence, vous le magnifiez et vous le faites se retourner sur lui-même, et voici qu'un bourgeonnement lumineux fait de délices sans ombres, me ravive comme un vin mystérieux.
[Antonin Artaud, « Lettre à la voyante »]

Heureuse de fermer le grand livre 2002. Sans aucun regrets.

J'aime plus les bilans de fin d'année. Mes bilans sont presque quotidiens. Alors... Des résolutions ? Pareil. Et en plus, j'y crois pas.

Légère. Il a brumé toute la journée. Debout depuis les premières lueurs de l'aube, j'ai passé de longues heures à fignoler les dernières pages d'Épiphanie. Après, vertige. J'ai mangé du pain de campagne, du fromage, une pomme. Puis je suis sortie faire une longue randonnée en forêt et au retour, je suis tombée dans quelque chose de bon : je me suis endormie d'un seul coup, et le sommeil a été aussi profond que pendant la nuit. Ça fait drôle de dormir comme ça le jour. Les lutins en ont encore profité pour me faire plein de noeuds dans les cheveux.

Heureuse, légère et euphorique. La vie est belle. Pour des raisons futiles, sérieuses, profondes, silencieuses, à cause d'un fil de soie rouge, d'un kimono bleu pâle, et de tant d'autres choses. Contente, très contente d'avoir enfin terminé mon roman.

Contente de tourner cette page-là, surtout aujourd'hui. Bonne Année !