131. les sapins

Pas beaucoup le temps d'écrire... J'ai pris mes distances avec la grande ville, c'est fait : j'ai retrouvé ma campagne. Ce matin, j'ai fait de la raquette dans la forêt de sapins et de pins qui auraient bien besoin d'être débroussaillés. On pourrait élaguer les branches mortes et les autres qui poussent de travers sans arrêt pendant trois jours et il en resterait encore et toujours pour deux autres jours au moins non stop. Je ne suis pas tellement douée pour ce genre de travail. Alors j'ai cuisiné et décoré et emballé des petites surprises pour du beau monde que j'aime.

Ensuite il a bien fallu m'asseoir un peu quand la visite est arrivée pour le Réveillon et les autres repas qui n'ont pas arrêté de se succéder jusqu'à tout à l'heure. Fiou. Dire que ça va recommencer au jour de l'An...

Je suis contente de retrouver une presque solitude avec de l'espace, l'air pur, et du temps pour réfléchir et lire. J'ai apporté tout ce qu'il me fallait : mes cahiers, les livres dont je ne me sépare jamais ces temps-ci, quelques kimonos chauds, des robes, une grise et une noire, des vestes en laine et des mitaines pour la chaleur, et des cadeaux [eux y sont déjà repartis avec la visite] et des bougies en masse, et le manuscrit d'Épiphanie, bien évidemment. La campagne va « me garder » encore quelques jours, sinon jusqu'à la mi-janvier. Bienheureuse montagne avec son lac gelé. C'est plein d'oiseaux ici. Je crois que je suis tombée en amour avec les sapins.

Chaque matin, je donne moi-même à manger aux poules [ma préférence va à la poule noire, mais chut, faut pas le dire]. Il y a un gros chien. J'aime pas les chiens. Le chat me manque [mais non, je ne l'ai pas laissé tout seul, il a une bonne gardienne].

Love and Writing Project prendra peut-être quelques autres jours off. Je me sens si paresseuse. Fatiguée, surtout. Trop de peines et de peurs cette année. Trop d'émotions qui m'ont heurtée, trop de larmes. Le coeur a besoin de faire relâche. Je reviendrai malgré tout dans « ma chambre à moi » le plus souvent possible.