130. un autre soir

Un beau dimanche passé dehors en plein vent à marcher dans la montagne avec Dylan. La nuit sera longue et froide, avec ce vent qui continue à souffler fort.

Les menaces de guerre me terrorisent. Me déstabilisent. Il faut que je ferme cette radio. Je sais pas comment vivre comme tout le monde, en faisant comme si ça n'existait pas. Je suppose qu'il faut juste regarder ailleurs. Sinon, comment supporter ça ?

Sauf que ne rien dire fait de tout être humain conscient un complice. De temps en temps, il faut avoir le courage [ou la faiblesse ?] de se laisser crier un peu.

Je sais que le délire des mots ne mène à rien quand ce n'est même pas vraiment poétique. Marcher dehors dans le bois c'est poétique. Rencontrer un renard, ou m'abandonner les bras en croix sur le corps paisible de D, ça l'est. Écrire tout ça en vrac comme ce matin, ce n'est rien d'autre que laisser se vider le coeur tout en jouant avec l'alphabet en pure perte. Et je le sais que ça chante pas. Je passe. Je tire une autre carte du jeu de Tarot, juste une : encore un Soleil.