122. ce n'est pas de ta faute

Angoisse. Mais pas tout le temps. Cela se produit surtout le soir, c'est comme une bête qui s'installe sur ma gorge et qui exerce une pression qui me liquéfie les membres en les glaçant, et à mesure que les bras et les jambes deviennent mous comme de la guenille, le coeur se met à battre très vite. J'attends que ça passe. Je sais que ce n'est pas physique, donc pas grave. Je me demande si un jour ça va finir. Et quand je pense à prendre mon crayon et que je l'écris dans mon cahier, quand je sors ce mal de moi, il finit par passer.

Hier soir j'ai regardé Le destin de Will Hunting. À un moment donné, quand le psy a dit à Will : « ce n'est pas de ta faute, ce n'est pas de ta faute, ce n'est pas de ta faute, ce n'est pas de ta faute, [...] » et que Will s'est mis à pleurer, j'ai pleuré avec lui. Personne ne m'a jamais dit cela, que ce n'est pas de ma faute. Pourquoi ? Et pourquoi est-ce que j'ai entendu, et que j'entends encore, et surtout que je « lis » un peu partout le message contraire ?

Ça doit faire tellement de bien de se faire dire ça. L'inverse est dans le regard de cette société où les agresseurs sont devenus les victimes. Quand ce ne sont pas des célébrités. Ce n'est pas de leur faute.

Il est encore tôt et c'est lundi matin. Mon week-end a été fort inspirant. J'ai refait le plein d'amour et de forces et en même temps j'ai pu écrire et réviser une trentaine de pages de mon manuscrit.

Après le café, je reprends l'avant-dernier chapitre et j'aimerais passer au travers aujourd'hui. Je me demande si j'aurai besoin de faire une autre pause journal... Je verrai ce soir. Mais si je dois l'interrompre à nouveau [lire, si j'avance pas dans Épiphanie assez vite à mon goût], je remettrai simplement la page noire, la page pause, et je me contenterai d'inscrire une citation de temps en temps, pour garder contact.