100. god

Parfois x. joue à se prendre pour un dieu. Ou pour un tout petit enfant malicieux. Ou encore pour le Christ. Il m'écrit le Lève-toi et marche de Lazare, il me demande de lui dessiner un mouton. Et aussi de lui écrire un feuilleton. Rien que ça, et juste pour lui en plus. Un petit chausson avec ça ?

Et moi, qu'est-ce que je fais maintenant ? Il pense un peu à moi ? Est-ce à dire que j'écrirais pour x., que j'entrerais dans le jeu de son écriture qui se confond et se calque sur sa vie et vice versa, avec Annie Strohem insérée au beau milieu de ses nuits, comme au coeur d'un gros in-octavo dont les pages n'auraient pas encore été coupées ?

L'écrirai-je ce feuilleton ? Je suis damnée mais j'en ai eu envie. Je dois être folle ou tombée sur la tête. Alors pour ses trente-huit balais, j'écrirais pour le diable en personne, au risque de me faire tordre le cou tout de suite après par ses propres mains ? Si. Et avec des gants de peau.

En attendant, je retourne me coucher un peu. J'ai besoin d'en parler à la belette et au renard qui a inventé la courbe des C majuscules. Et j'ai un urgent besoin d'un entretien faussement philosophique avec la poule noire. La suite bientôt.