89. temps, mémoire, écriture, fiction

Depuis onze ou douze jours maintenant, je me suis réfugiée, moulée dans mon mode de [sur]vie à toute épreuve : m'enfermer dans la maison pour lire et écrire 24 heures sur 24, prendre des bains et caetera. Mais pour commencer, pour avoir le droit de me consoler, il a bien fallu que je tombe malade. Pas n'importe quoi, une gRRrrosse bronchite. Et quand je suis malade, bien forcée de rester dans le lit de la chambre, et c'est alors que je peux commencer à me soigner, à prendre véritablement soin de ce corps - juste après avoir tempêté et pleuré toutes les larmes de mon corps - le même. Je n'aime pas avoir de la fièvre. Mais le mal du corps naît du mal à l'âme né du manque [mal] de vous... Autrement dit, j'ai peut-être attrapé une grosse peine d'amour. Depuis que c'est fini avec D., je fais ma forte, je me tiens debout mais mine de rien, j'en bave un coup.

À certaines heures de certains jours, je me pense forte, heureuse, guérie. Et puis ploush, je retombe dans le souvenir de nos conversations, de nos fous rires, de nos caresses et de la bulle d'amour que nous avons laissé éclater pour n'avoir pas su la protéger contre la peur. Et ça fait mal en chien. Finalement, je ne vous en veux pas, mais laissez-moi au moins écrire crier que vous êtres un sale type. Le plus sale type de tous les sales types de toutes les planètes réunies du cosmos étoilé que vous voulez même plus regarder. Et puis si vous croyez aux extra-terrestres, ça vous fera champion du plus pire de tous les sales types extra-terrestres du monde entier. Et puis c'est même pas vrai que vous êtes un sale type. Je dis ça parce que je suis en colère et vous le savez bien.