79. aide-moi, petit dragon

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[aide-moi, petit dragon]

Petit matin. Odeur de café. Silence. J'ai pas faim. Faut manger. Envie de soustraire sournoisement le verbe falloir du dictionnaire.

Plus « malade » que je ne pensais. Comme si l'antibiotique faisait aucun effet, sauf les secondaires et les indésirables.

Plus « atteinte » que je ne croyais : hier soir, vers 18 h 30. J'étais dans mon bain et le téléphone a sonné. Pas de message au répondeur. J'ai cru, espéré, que c'était vous qui me rappeliez pour dire pardonnez-moi annie strohem, pardonnez-moi, je suis un fou, je vous aime et je veux vieillir avec vous, dans notre maison, je veux vous aimer et vous protéger forever. J'arrive.

Je me suis dit : il va se douter que je suis dans le bain et rappeler tout à l'heure. Ainsi j'ai attendu, toute la soirée, attendu votre appel. Rien. Je vous avais demandé d'éviter de me téléphoner pour un temps, le temps de me guérir de vous, parce que le fait de vous parler me donne encore cet espoir fou que peut-être vous m'aimez encore.

Jusqu'où je vais aller, comme ça ? Vais-je devoir faire débrancher ce maudit téléphone parce que le simple fait de l'entendre sonner me donne de l'espoir ? Prendre un avion ou un train et partir loin ? S'il faut partir pour vous chasser de mon coeur, je partirai.

Cette nuit je me suis réveillée en plein milieu d'un rêve. Ça chantait une vieille chanson d'enfants usée à la corde :

Un - deux - trois
nous irons au bois
quatre - cinq - six
cueillir des cerises
sept - huit - neuf
dans mon panier neuf
dix - onze - douze
elles seront toutes rouges.

J'ai oublié le rêve, mais la comptine chante encore dans ma tête. J'ai ouvert le dictionnaire : à comptine, ça dit : « Formule enfantine (chantée ou parlée) servant à désigner celui à qui sera attribué un rôle particulier dans un jeu. »

C'est quoi, le jeu ?