75. déjà octobre

dragon sigurdr
[merci bien, petit dragon]

Quel vent cette nuit. Quelle vie. Cette fois c'est moi qui ai pris le téléphone. Et j'ai appelé D. Bris de contrat. C'était pas génial. Je sais. C'était à qui raccrocherait au nez de l'autre le premier. J'ai gagné. Après, j'ai décidé de me lever. La faim. L'envie de lire les dix pages inattendues que W. m'a envoyées par la poste, lire tranquillement en prenant mon petit déjeuner dans la cuisine, éclairée par le soleil de ce bel automne qui commence.

C'est fini de rester couchée. Fini. Pour le moment, je me suis remise debout. Couru demander à C., mon coiffeur, s'il pouvait faire quelque chose pour moi. Dedans la tête. Il a levé les épaules, souri, ce qui a fait retrousser un peu son joli bouc aubergine. Arf. Il a fini par me couper les cheveux en trois ou quatre vigoureux coups de ciseaux. Clic, clac, clouc. Puis crishhhhss. Il n'a pas eu beaucoup d'autre choix que de laisser les boucles faire ce qu'elles voulaient, pour une fois. J'ai dit : je m'en fiche, je m'en fous de la tête que j'ai. Heureusement qu'il y a le vent. Et tout ce soleil.

Déjà octobre, j'avais oublié. C'est nouveau qu'il fasse un peu froid. Habillée chaudement, j'ai rentré toutes les plantes dans la maison, sauf les tomates cerises encore vertes. Peur que ça gèle. Conclusion : la maison est pleine de feuilles et de fleurs et j'ai du travail sur les bras pour trouver de la place pour tout le monde, domestiquer un peu toute cette verdure.

J'ai mangé. Ce qu'il me fallait, c'était ça : un bon quart de tarte au pomme, encore tiède, saupoudré de sucre vanillé et embaumant la cannelle. Et le coup de fil d'une amie qui m'a raconté mille et une adorables futilités. Et tout cela avec une musique qui fait du bien. Pourquoi pas Les Quatre saisons, dites-vous ? Non. Je préfère les Variations Goldberg, et Gould. Ou encore cette chanson qu'affectionnait Marguerite Duras :

Nous n'irons plus jamais où tu m'as dit je t'aime
Nous n'irons plus jamais, je viens de décider
la la la... la la la di la lé
[oublié les mots, désolée]...comme les autres années.

Capri, c'est fini,
Et dire que c'était la ville de mon premier amour
Capri, c'est fini
Je ne crois pas que j'y retournerai un jour

C'est vrai ce que j'écrivais le 2 septembre 2002, vrai que la vie est belle, si belle. Aujourd'hui.