65. c'est fou

hyperliens pertinents

Pourquoi toutes ces fleurs ? Pourquoi tant travailler, construire l'assemblage maniaque des petites images de fleurs déjà publiées ad nauseam dans Le Journal de Script, en pensant aux personnes que j'ai envie d'y associer en toute liberté, sans aucune autre contrainte que celle de l'amitié, de l'appréciation et jongler avec les noms et les créations de ceux qui seront associés à mes fleurs sans les connaître vraiment, sans rien savoir [ou presque] de leurs rêves, de leur âme ? Pour tenter d'abolir l'espace-temps, la distance entre les autres et moi ?

Tout ce que je sais, c'est que ce n'est pas un jeu. Pas une mode non plus. Je ne me vautre pas dans un courant qui m'emporte. Je crée, à tout le moins je participe à un discours/récit collectif que j'ai voulu représenter dans ce tableau. Et au fond de moi je suis intimement persuadée que cela ne sert pas à rien.

Ai-je une âme ? J'ai lu quelque part que si on ne sait pas garder un secret c'est que l'on n'a pas d'âme. Mais il y a secret et secret. Il faut apprendre à discerner entre ceux qu'il faut garder pour soi et ceux qui vous mettent en danger. Une fois, j'en ai gardé un assez longtemps, au risque d'y laisser ma peau. 

Cette question, je me la pose à moi. Et je regarde les autres. Chacun a son âme ? Et chaque âme ses secrets ? Ce sont les âmes qui gardent les secret ? Qui vivent follement, dangereusement avec le corps [en tant qu'âme] ? Qui aiment ? Protègent l'amour et ceux qu'elles aiment ? 

Ces questions ne sont-elles pas légèrement dépassées, obsolètes ? On en veut des plus faciles, des drôles, des plus légères. Sauf que j'ai de la difficulté à me rapprocher un tant soi peu de cette légèreté, de cette insouciance qui semble si facile à bien du monde. Ce qui semble les unir. Et m'exclure en même temps. Ce qui augmente, par cette illusion de la facilité des rapports humains, un écart de solitude qui se pose sur mes sentiments et la moindre émotion que j'éprouve. Entre eux et moi.

Oui, c'est bien un écart, une frontière, une toute petite barrière de bois, ou de métal, qui me fait traverser du lieu où je suis vers un ailleurs secret où le silence m'accueille. Pour construire des grands tableaux avec plein de liens à tisser dans la profondeur exubérante des fleurs.