140. fleuve d'oubli

fleuve d'oubli

Je savais qu'un jour j'écrirais une page de journal et que cette page serait la dernière. Que je l'écrirais comme on referme un livre qu'on a fini de lire, ou comme on descend doucement les paupières d'un mort.

J'y avais souvent pensé et j'en avais plusieurs fois parlé sans toutefois passer à l'acte. Je doutais. J'avais sans doute trop envie de continuer pour tout arrêter. Je ne sais pas. Un journal, c'est des mots et les mots, on en fait pas toujours facilement ce qu'on veut.

Ce soir, je suis arrivée au bout de la route. Et ce n'est pas un Happy End. Ce n'est pas un coup de tête non plus. J'en ai pas marre ni rien. J'ai juste découvert tout simplement que je n'ai plus de raisons, ni le désir, d'écrire ici, dans cet espace-ci.

C'est une évidence, simplement une évidence. Alors il ne me reste plus qu'à écrire le mot

fin