137. conte d'un samedi ordinaire

la_tombee_du_jour.jpg

Le samedi 8 juin, je décore la terrasse avec des fleurs violet volatil. J'en mettrai partout avec d'autres couleurs, des roses, des jaunes, des rouges, et de petites pensées prune et pêche rosé. Je regarde mes fleurs. J'écris à la tombée du jour. J'ai fini de lire Cet amour-là, après des semaines dans un autre temps, un autre monde. L'amour si étranger et pourtant si proche de moi. Je referme le livre vers 11 heures du matin et je sais que je le relirai. Je le garde près de moi. Et je fais la liste de tout ce que j'y ai retrouvé de moi dedans, ce qui me touche. Je note des passages, des mots, des sensations. Et je commence une lettre à Yann Andréa. Et une lettre à Duras, même si elle est morte le 3 mars 1996. Je veux écrire ces lettres. Si Duras était encore vivante, je voudrais lui écrire aussi, la rencontrer en personne, absolument. Et je fais la liste de ses livres que je n'ai pas encore lus. Lire et trouver ce qu'il y a de moi dans ces espaces-là. Fouiller encore et rester dans les mots simples de l'amour qui se donnent comme des miroirs du monde. Des mots dans lesquels je reconnais ma vérité et mon essence. Si loins, si étrangers, et pourtant si pareils.

La journée a commencé comme commencent les contes, et toute la journée elle s'est déroulée comme ça, avec des choses, des êtres et des histoires merveilleuses. Par exemple, cet après-midi, un ami était triste et je lui ai écrit une lettre qui se terminait avec ces mots : « Regarde les étoiles du monde, regarde, elles brillent pour toi.» Et alors cet ami m'a répondu : « Tiens, c'est rigolo, c'est la traduction quasi exacte d'une ligne de Yellow de Coldplay : Look at the stars, look how they shine for you, yeah they were all yellow... J'adore cette chanson. »

Coldplay ? Connais pas.