26. savoir souffrir publiquement

Il faut afficher son malheur, gémir de temps en temps de manière audible, s'impatienter de manière visible : car si on laissait les autres s'apercevoir combien l'on est tranquille et heureux au fond de soi-même, malgré les douleurs et les privations, combien on les rendrait envieux et méchants ! — Mais il faut que nous veillions à ne pas rendre nos semblables plus mauvais ; de plus, s'ils nous savaient heureux, ils nous chargeraient de lourdes contributions, de sorte que notre souffrance publique est certainement aussi pour nous un avantage privé.

Extrait de Humain, trop humain : Nietzsche [1878]

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