14. pincez-moi quelqu'un

Vais-je me réveiller. Non. Pas tout de suite, please. On dirait bien que je me serais remise à l'écriture quotidienne de ce journal-qui-n'est-pas-un-blog. Qui remercier. La vie, oui la vie. Et qui d'autres que vous, très chers et honorables lectrices et lecteurs. Comment vous remercier, sinon en continuant.

Quoi qu'il en soit, et tel que mentionné hier en fin de billet, je me sens tout à fait à l'aise de sauter allègrement par-dessus l'item viii de ma liste qui se trouve à être lui-même un projet de liste. On aura vu pire.

Et pour profiter de la beauté du matin avec son ciel tout blanc et glacé, je m'occuperai aujourd'hui des sujets ix à xviii. Sans plus attendre. Mais quand je vois le premier, je me demande s'il est encore pertinent d'aborder cette question-là. Et comme on dit, poser la question suggère souvent la meilleure réponse. Alors je plonge :

Sujet numéro ix : mais où sont donc passés mes bas à couture ?

Nulle part ailleurs que dans la fiction.

Et ici même, dans ce journal. Suffit d'aller en bas de cette page et de cliquer sur Archives. Arrivé là, taper « bas à couture » dans le moteur de recherche. Il m'a trouvé six pages contenant le mot bas, le mot couture ou les deux. Curieuses associations quand même, mais le jeu m'amuse.

Aimé relire la page 23 du volume 3, Love & Writing Project, datée du 14 juillet 2002 : des bas à couture ? Il y avait là un court extrait de Jacobsen qui mérite d'être recopié : « ...and farther away lay a pair of leaf-brown stockings, one of them rolled up, the other spread out flat, revealing its shape and the reddish seam along the leg. »

Il y a quelques années, il fallait chercher partout pour en trouver dans les boutiques. Maintenant, ça va. Il y en a même dans un tiroir, dans ma chambre, avec les autres bas. J'en ai acheté trois paires l'été dernier : de couleur charcoal, des noirs et des taupe. 100% nylon. Encore dans leur emballage. Je les porte dès que l'envie de porter une robe ou une jupe se présente. Pourquoi ? Pour avoir la sensation la plus soyeuse au monde, celle d'avoir vraiment un pied [et même les deux] dans la fiction.

Sujet numéro x : comment lâcher prise pour vrai

Qui ne s'est jamais fait conseiller de lâcher prise par une amie bien intentionnée ou encore par un thérapeute bienveillant ? Et une fois ces sages paroles prononcées, vous vous dites, ben oui, fallait y penser. Vous vous répétez je veux lâcher prise, je vais lâcher prise et vous en restez là.

Tout le monde a l'air de s'entendre pour dire que, dans certaines situations complexes et terriblement angoissantes dans lesquelles vous vous sentez coincé le lâcher prise est la seule solution.

Oui, mais comment faites-vous, vous, pour lâcher prise ? La recette ne vient malheureusement pas avec la définition. Lâcher prise serait un « moyen de libération psychologique consistant à se détacher du désir de maîtrise ».

Excellent. Mais ça ne donne toujours pas le mode d'emploi. Récemment, j'ai cherché. Et découvert que l'abandon total du désir de maîtrise passe par l'acceptation préalable que les autres ou les situations ou les émotions ou les sentiments et tout le reste ont le droit d'être tels qu'ils sont. Tout ce que vous aurez alors à faire serait de les accepter tels quels. Ne pas essayer de les changer.

« Accepter ce que je ne peux changer », n'est-ce pas le tout début de la Prière de la sérénité ? Plein de sagesse, donc.

Pour arriver à ça, il s'agirait de faire confiance, d'abord à soi-même et bien évidemment aux autres. D'arrêter de se préoccuper d'eux. Ce qui ne signifie surtout pas de les abandonner eux. Juste admettre leur différence et respecter leur indépendance, le fait que leur vie leur appartient.

Quand vous ne tentez plus d'amener les autres dans le giron de vos propres désirs, vous devenez de moins en moins frustré ou anxieux. Vous profitez mieux de votre propre vie. Du moment présent.

Goûter l'instant permet de mettre à distance les émotions pénibles. Et les autres aussi.

C'est bien beau tout ça, ces quelques notes glanées ici et là, sur le web et ailleurs, et repiquées en les remâchant un peu.

Comment diable me suis-je embourbée dans cette psychologie de marché aux puces ?

J'abandonne.

Sujet numéro xi : je mangerai plus de légumes [et moins de bêtises]

Bien que fort louable comme sujet, je l'abandonnerai néanmoins avant de l'avoir écrit.

Sujet numéro xii : ma relation avec le yoga

J'aurais plutôt dû écrire ma non-relation avec le yoga. Avant j'aimais ça. Maintenant, plus capable. J'avoue que certaines positions faisaient du bien, certaines respirations aussi. Mais tout le reste, bof. En fait, j'ai abandonné le yoga il y a quelques années. C'était la fin de l'hiver et je n'étais pas très en forme. J'avais tenté de reprendre le yoga toute seule dans le salon sur mon petit tapis, avec un livre, mais le coeur n'y était pas, je manquais de motivation et je me suis dit que ça irait mieux si je m'inscrivais à des cours. Pas loin de chez-moi, avenue du Parc, il y avait des classes de Power Yoga. J'y suis allée. Je me suis sentie tellement pas à ma place, tellement pas bien qu'après deux ou trois cours je n'y ai plus remis les pieds. Trop power pour moi, peut-être. Et pôuf. L'envie du Yoga m'a passé net.

Maintenant je fais du Qi-gong rue saint-laurent. Et de la méditation toute seule dans mon salon, près d'une grande porte fenêtre au soleil le matin. Et je prends un petit bol de thé vert après, comme au dojo.

Sujet numéro xiii : faut encore que je déménage [encore]

Quel vieux sujet. Passé date. J'ai déménagé le 30 avril. Bien contente, bonne chose de faite. En ai jasé un peu dans le billet du 4 juin 2014. Rien de plus à ajouter à part le fait que j'adore mon nouveau nid. C'est chaud, accueillant, apaisant et j'ai des voisins en or.

Sujet numéro xiv : retravailler les 50 premières pages de Graphomania

Avec ce sujet-là, ça prend du courage. Descendu le carton contenant les différentes versions du manuscrit qui n'a jamais trouvé d'éditeur. Pas relu. Transporté les documents dans ma chambre. Le mieux que je pourrais faire avec ce récit serait de relire et voir si c'est publiable en annexe de ce journal. Quelque chose comme un doc. en pdf. Déjà pensé à ça. Serait relativement facile à réaliser. J'ai même un plugin e-book avec mon cms. Le côté technique ça va. Le plus gros du travail consiste à réviser ou récrire, biffer, raturer, que sais-je. Je continuerai d'y penser, par devers moi.

Le mieux serait de consacrer un seul sujet à tous ces avortons qui dorment dans des cartons.

J'y reviendrai.

Sujet numéro xv : lire Borgès en espagnol

Borgès. Ah, Borgès.

En français, c'est plus facile. Mais en espagnol, tellement plus savoureux, tellement plus Borgès.

Sauf que señior Borgès mérite un billet pour lui tout seul. Je vous recopierai un petit conte demain, extrait du recueil La Intrusa « Los dos reyes y los dos laberintos » avec traduction française de ma main.

Borgès que j'aime savourer en buvant un petit café fort. Noir.

Sujet numéro xvi : photographier les fleurs de l'hiver avant le printemps

Me souviens plus du tout ce que je voulais dire par là. Voulais-je commettre un poème ? Une vraie photo ? Si quelqu'un a une idée, prière de me réveiller.

Sujet numéro xvii : désencombrer la bibliothèque

C'est fait depuis la semaine dernière. Tout descendu les livres. Les ai classés par « genres » : romans, poésie, contes, journaux et mémoires, biographies, essais et autres bouquins (études littéraires, philosophie, socio, psychologie et psychiatrie, histoire et géographie), dictionnaires, livres sur l'écriture, les peintres, jardinage et horticulture, art culinaire, autres.

J'en ai très peu sorti de la maison, juste replacé autrement sur les tablettes pour les retrouver plus facilement.

Sujet numéro xviii : relire Virginia Woolf [a room for one's own, etc.]

Quoi ? xviii a déjà été fait ? Next.

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