Je ne peux m'empêcher de rester muette d'étonnement quand je constate l'extraordinaire résistance des fleurs au froid de l'automne, alors que justement, au même moment, les feuilles des arbres ont commencé leur lente crucifixion en jaune, puis en rouge, pour finir brunes et friponnées. Pour ensuite se détacher, voltiger et s'effondrer au sol. Tout cela se passe dans un grand silence ouaté, fait de petits bruissements et chuintements quasi imperceptibles à l'oreille humaine.

Silence parfois traversé par des cris d'oiseaux dérangés dans leurs amourettes haut perchées.

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Ce curieux phénomène n'a pas manqué de me prendre par surprise, comme à chaque automne.

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Je n'ai pu m'empêcher ce jour-là de faire un lien entre cette résistance des fleurs et celle de certains humains capables de se faire à la froideur qui s'installe sournoisement dans les relations que l'on dit « humaines ». Capables de se faire à tout finalement.

Passées les premières souffrances d'un deuil ou d'une rupture que l'on croyait insupportables, que l'on croyait capables de vous arracher à votre vie, vous en venez à vous acclimater au vide affectif le plus glacial, celui de l'absence au propre comme au figuré. Mais vous vous relevez inévitablement, après de longues nuits d'insomnie, couverte de fleurs roses. Ou violettes.

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Voici un groupe de cosmos, encore plus beaux que ceux de juillet/août [plantés vers la mi-juin].

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Les fleurs en bouton, en haut de cette page, sont celles des topinambours [tubercules mis en terre le 31 mai 2013]. J'ai mangé les quatre premiers hier soir, cuits à la vapeur avec un peu de sel. Merci la terre.

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Et les rouges, ce sont des capucines. Je cueille encore leurs graines bien vertes pour les conserver dans du vinaigre. Un bon goût poivré qui ajoute du piquant dans les assiettes et qui réchauffe bien, au coeur de l'hiver.