fleur d'ail

Un jour je me suis retrouvée dans un cimetière jonché de petits cailloux gris pâle. Je n'aimais pas marcher dessus, ils crissaient sous les semelles de mes sandales, et j'enfonçais un peu, ce qui m'écorchait les pieds, j'imaginais déjà les petites coupures, mes orteils et mes chevilles en sang. Je me sentais seule et loin de la maison. Avec des morts partout alentour, et des fleurs en plastique défiant le soleil brûlant. Plusieurs stèles carrées ou rectangulaires avec des vieux noms gravés dessus portaient fièrement des fleurs fraîches sur des petits lopins de terre jardinés avec soin par la descendance. Je me suis demandé ce jour-là si les mots écrits étaient comme ces fleurs, les vraies, ou comme celles en plastique, ou encore en papier mâché posées et exposées, qui pourriraient plus ou moins vite en se laissant caresser par le vent, le soleil, la lune, la neige et la pluie tout en réchauffant les squelettes enfouis.

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Quoi qu'il en soit, et trêve de nostalgie pour les sépultures fleuries, proches ou étrangères, c'est aujourd'hui que je récolte mes fleurs d'ail. Le sécateur est fraîchement nettoyé du matin et désinfecté avec de l'alcool à 70% [j'ai beau amputer l'ail, faudrait pas le rendre malade en plus].

Je suis sortie pieds nus dans le jardin faire quelques photos. Et posé ma préférée sur la page. Aucune association apparente avec la réminiscence fugace et récurrente du jour.

Maintenant, au travail. J'ai encore des tomates, des poireaux et de l'ail à planter. Je n'ai pas encore semé la coriandre [entre autres] et quelques bonnes salades pour la fin de l'été.

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