beauté de la couleur

Edgar De Bruyne : Études d'esthétique médiévale, tome 1, chapitre III, 3 : « Le contenu et la forme ».

Les traités techniques [du Moyen-Âge] se consacrent surtout à la composition des couleurs [...] Au début ils semblent s’intéresser surtout aux tons simples, brillants, rayonnants. Certains historiens de l’esthétique, tel Chambers, réduisent tout le sentiment esthétique du Moyen-Âge à la joie de « gold and glitter ». De fait, Isidore de Séville et « Heraclius » parlent de préférence de tout ce qui est splendide. Les couleurs végétales, d’après Héraclius, doivent garder quelque chose de la fraîcheur des fleurs à peine écloses, cueillies de grand matin, [...] celui qui veut en tirer des couleurs, doit se hâter avant qu’elles se fanent. [...] Tout ce qui brille, comme le verre, l’or, la pierre précieuse, tout ce qui est poli est beau. La couleur doit flamboyer comme le feu, briller comme l’air illuminé, rutiler comme le soleil. Elle n’est vraiment belle que lorsqu’elle est toute pure, filtrée, tamisée [...] La couleur a quelque chose de métallique et comme le bronze, l’or, l’argent, elle emprunte son éclat à l’air pénétré de lumière [...] La beauté de la couleur est la beauté de la lumière, mais celle-ci dérive en dernière instance de la beauté du ciel orné des corps célestes, du soleil, de la lune, des constellations [...]

En plus de leur beauté formelle, les couleurs ont une valeur symbolique : entre le blanc, couleur de la lumière pure, et le noir, couleur des ténèbres, se trouvent le jaune, couleur de la terre, le vert de l’eau, le bleu de l’air, le rouge du feu. Les peintres médiévaux connaissent ces tons en diverses nuances et substances, entre autres : deux sortes de blanc (céruse et craie); plusieurs noirs (d’os, de vigne, d’ivoire brûlé); de la terre verte, des verts végétaux de prunelle, d’iris et métalliques (vert de cuivre); deux jaunes (orpiment ou arsenic et safran); quatre espèces de bleu : des bleus végétaux, des bleus d’émail, le bleu d’azur, et le précieux bleu du lapis lazzuli; toute une série de rouges : minium, cinabre, kermes, folium, rouge de garance et rouge de brésil, sang de dragon et ocre rouge, les uns dérivant d’oxydes, d’autres d’insectes et de vermisseaux, d’autres encore de plantes, de fleurs, de bois, de terres.

J'ai hâte de commencer le Glossaire, violet par violet. Je ne suis pas tout à fait prête car je n'ai pas terminé mes recherches sur la couleur. Mais tant pis, je commence tout de suite avec le premier élément trouvé sur le lilas.

LILAS : Adj. et nom. Couleur bleue mêlée de rouge qui est le plus ordinairement celle des fleurs du lilas. LILAS : Genre de plantes de la famille des oléacées, présentant au printemps de jolies grappes de fleures violettes ou blanches. [Quillet]

...à suivre

Haut de page