decorated-initial-letter-t-cherubs.jpg, from www.fromoldbooks.org

out en surveillant la course échevelée de mademoiselle Irène le long de la côte américaine, jetant un coup d'oeil de temps en temps aux informations et à Hurricane Irene Tracking Map du New York Times, je continue d'apprivoiser la connaissance des fleurs sauvages aperçues et photographiées au bord d'un petit lac des Laurentides pendant mes vacances.

Aujourd'hui, j'ai choisi la gentiane à feuilles linéaires [Gentiana linearis] . Elle est d'un beau bleu violet et les pétales sont fermés comme des petites fioles gonflées.

La fleur a été plus facile à identifier que celles de mes deux derniers billets. Sauf qu’au début je l’ai confondue avec la gentiane d’Andrews [Gentiana andrewsii], d’abord parce que la fleur est presque pareille. Les deux aiment les sols humides et voisinent souvent la galane glabre en bordure des cours d’eau ou en terrain marécageux. 

La différence : les feuilles de la Gentiana linearis sont plus étroites que celles de la gentiane d'Andrewsii. 

La gentiane appartient à la famile des gentianacées.

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Gentiana linearis, 15 août 2011

Bizarre que je ne me sois pas approchée plus près et fait des gros plans. Je me demande encore pourquoi. Peur de déranger ?

Quoi qu'il en soit, il est bon d'aller voir d'autres images pour découvrir les détails que mes photos ne montrent pas. J'aime bien celles-ci : fleurssauvages.ca.

J’ai trouvé dans l'Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des Sciences, des Arts et des Métiers de Denis Diderot, publiée en 1757, [numérisé par Google], ces quelques renseignements que je me suis empressée de recopier ici, en traduisant du « vieux français » au français d’aujourd’hui, soit du mieux que je pouvais.

Diderot écrit :

Je n’ajoute qu’un mot sur la petite gentiane d’Amérique, à fleur bleue, gentianelle americana, flore caruelo, parce que l’artifice et la précaution de la nature pour la conservation de son espèce, paraissent en elle évidemment.

Il ne faut pas douter que les capsules ne soient les meilleurs défenses qu’on puisse imaginer pour la conservation des graines ; car c’est dans cet étui qu’elles demeurent garanties des injures de l’air et de la terre, jusqu’à l’approche du temps le plus propre à les faire sortir.

Alors les graines de mûres de cette plante sont répandues et semées en terre presqu’aussi exactement que le pourrait faire le plus habile semeur.

Dès que la moindre humidité touche le bout des capsules, elles crèvent avec force, sautent subitement, et par leur vertu élastique répandent les graines à une distance où elles rencontrent un lieu propre à les recevoir.

C’est une observation faite par le chevalier Hans-Sloane ; pendant son séjour à la Jamaïque, sur les capsules de la gentiane de ces pays là, et cette observation se trouve vérifiée par d’autres exemples semblables.

[le texte en vert est un extrait de la page 602 du tome 7, en souhaitant que ma « traduction » n’ait pas trop massacré le texte original]

Diderot donne ensuite toutes les propriétés et usages médicinaux de la racine de la gentiane, mais ça serait trop long de tout transcrire.

Voyons maintenant ce qu’il en est de ce roi d’Illyrie ! Honte à mon ignorance, mais je soupçonne que je ne suis pas la seule à ignorer l'histoire de ce pays. Courage.

J'ai cueilli les quelques notes suivantes dans fr.wikipedia.org :

Gentius, qui régna de -180 à –168, fut le dernier roi d'Illyrie. Il était le fils du roi Pleuratus II, de la tribu des Labéates. Il avait sa capitale à Scodra.

Gentius est représenté sur le revers de la pièce albanaise de 50 Leks.

Son nom semble dérivé de l'indo-européen commun *g'en- « engendrer », apparenté au latin gens, gentis « la famille, le clan, la race ».

Dans l'Albanie communiste (des années 1950 aux années 1980), les noms illyriens étaient encouragés dans l'idée de renforcer un sentiment de nationalisme albanais, si bien qu'il s'agit actuellement d'un nom assez courant, sous les formes de Gentian, Gent ou Genti.

L’Illyrie est un royaume des côtes de la rive orientale de l’Adriatique, correspondant à peu près à l'Ouest de la Croatie, de la Slovénie et de l’Albanie actuelles.

Les Illyriens apparaissent vers le xxe siècle av. J.‑C.. C'est un peuple de souche indo-européenne [...]. 

La grande difficulté pour la connaissance de l'histoire des Illyriens réside en l'absence de texte écrit dans la langue illyrienne. 

Toutes les sources sont issues de la littérature gréco-romaine. 

Polybe, historien et théoricien politique grec, (-210/-126) affirme que la langue parlée à Shkodra (ou Scodra, aujourd'hui Shkodër, au nord de l'Albanie), à la cour du roi Genthios (-180/-168) était différente du grec, mais il n'en a été retrouvé aucune trace écrite.

Ces textes donnent une vue très partielle de la vie à cette époque, ils relatent surtout les conflits opposant les mondes grec et illyrien. 

Après l'extension de la conquête romaine jusqu'au Danube sous Auguste, la province romaine d'Illyrie est créée en 9 av. J.-C.. En 10, cette province fut divisée entre la Pannonie et la Dalmatie et le terme Illyrie tomba en désuétude. 

Le nom d'Illyrie a été utilisé dans la littérature. 

William Shakespeare situe l'action d'une de ses comédies, La Nuit des rois (vers 1599-1601) dans le royaume d'Illyrie. 

On le retrouve aussi comme pays cadre de l'action des Mains sales (1948) de Jean-Paul Sartre mais sans précision géographique. 

En tant que province romaine, l'Illyrie est au centre du roman d'Anne de Leseleuc, Les Calendes de septembre.

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Gentiana linearis, 15 août 2011

Et pour ceux qui voudraient en savoir plus long sur les Illyriens, il y a cet article : « Les enfants des Illyriens : à la croisée de l’histoire et des saveurs culinaires », in association-albana.com que je n'ai pas eu le temps de lire parce que je surveille mademoiselle Irène.

Il fait beau soleil. Le bleu du ciel ne brille pas autant que d'habitude. Le temps est comme pesant. Je ne crains rien pour Montréal. Mais qui sait ce qui arrivera ailleurs ?

Ordinairement, les grosses colères de dame nature, comme les tsunamis et les tremblements de terre, elles nous prennent pas surprise et on se réveille après. Tout est en mille miettes, on se relève, on soigne les blessés, on enterre les morts et puis on reconstruit.

Mais les catastrophes annoncées, cet ouragan qui vient de loin et qu'on peut suivre à la trace... C'est tellement surréaliste. Comment y croire ? Je trouve les gens bien [trop ?] dociles et prudents d'acheter plein de choses, de stocker des denrées, d'aller même jusqu'à migrer et se construire des bunkers [quasiment]. Ce qui ne servira probablement à rien. Je ne sais pas.

Je regarde ça de loin. Je ne sais pas ce que je ferais si je vivais à New-York. Il y a de fortes chances que je choisirais de rester chez moi et de vivre ça. Pourquoi pas ?

Maintenant que je ne refuse aucune rencontre, je choisirais de rencontrer Irène.