L’eau sur ces images a l’air calme. On la croirait endormie ou morte.

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Pas du tout. Ça grouille de vie là-dessous. Et en surface.

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Ça se voit. Ça s'entend. Les eaux de « mon » petit lac des Laurentides que je fréquente depuis deux semaines [du mardi au vendredi, sans internet, héhé] sont loin d’être dormantes. 

On dit même que dans les forêts des alentours l'on peut voir plein d'animaux libres et sauvages [ours, visons, renards, rats musqués, marmottes, castors, belettes, et je crois même qu'il y a des coyotes. Pas certaine —]. 

J'observe quotidiennement une diversité insoupçonnable d’insectes et d’oiseaux. J'ai aperçu un petit héron et des poissons de toutes les grosseurs. 

Les libellules sont énormes et viennent se poser tout près de moi et sur moi sans gêne aucune. Ces libellules ne piquent pas. Elles veulent juste se reposer un moment quelque part, j'imagine.

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Le soir, les gros ouaouarons et leurs copains donnent des concerts gratuitement jusque tard dans la nuit. Les sons qu’ils produisent sont fort étranges, presque plastiques ou métalliques, comme s'ils grattaient d'énormes cordes de violoncelles enrhumés.

Vu que je n'avais pas apporté de quoi enregistrer les sons, j'en ai déniché sur youtube :

Une fois que le ouaouaron a fini son appel et que le silence est revenu, de brefs sons de tambours ou de gongs bizarres se font entendre, ce sont les grenouilles vertes :

Il faut imaginer ces appels-là qui se répondent sans interruptions, sauf celles du silence. Méditer en les entendant se faire écho dans le silence de la nuit, en pleine montagne, c'est fabuleux.

La prochaine fois que j'y retourne, je serai équipée pour enregistrer l'heure du concert nocturne, et je tenterai de capter quelques images.

Mercredi soir dernier, j’ai dormi dans la véranda afin de les entendre le plus longtemps possible avant de m’endormir.

Je ne me reconnais plus, cette véranda n’a pas de fenêtres mais des moustiquaires sur trois des murs [heureusement, parce que j’aurais été depuis longtemps dévorée toute crue par les moustiques...], les portes ne se verrouillent pas, et je n'ai même pas peur d'y passer la nuit toute seule. C'est un peu comme dormir en plein bois.

Je n'ai même pas eu « l'idée » d'avoir peur. C'est fou.

Ce soir-là, j’ai vu plein de grosses lucioles se promener entre les sapins et vaquer à leurs occupations de lucioles, ne se doutant sûrement pas de toute la lumière qu’elles projettent sur le monde au bord de sa nuit.

Le jour, je peux observer une grande variété d’espèces de plantes aquatiques. J’ai vu des iris versicolores.

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Ces temps-ci, les nénuphars sont en fleurs.

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Il leur a sans doute fallu déployer une énergie considérable, beaucoup de détermination et une fine dose d’intelligence à ces plantes, avec leurs quelques feuilles plates et visqueuses flottant à la surface [jolis petits lits pour les grenouilles] poussant au sommet de longues tiges retenues au fond du lac car enracinées solidement sous des épaisseurs de vase et de cailloux, pour produire une seule fleur jaune clair toute ronde et grosse comme une petite pomme.

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De loin et lorsqu’ils sont exposés en plein soleil, les nénuphars ont l’air des petites lanternes allumées flottant sur le lac.

Très lentement, dans mon mini bateau à pédales, libellule sur le pied, toujours, je m'approche usant de grande prudence pour ne pas décapiter mes fleurs jaunes d’un coup de petit bateau [jaune]. Une fois immobilisée, je sors l’appareil photo. Clic, clic. Sans oublier de respirer l'air parfumé.

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