Je n'écrirai pas longtemps aujourd'hui. J'ai une sinusite aiguë. Et je n'en veux pas. Ça dure toujours trop longtemps. La dernière : trois jours, et j'ai eu de la chance. Le plus souvent c'est une, deux ou trois semaines. Ce que je fais, quand mon corps me trahit comme ça et me fait des misères ? Je reste dans mon coin en attendant que ça passe. Point. Je n'aime pas me plaindre à mon entourage. Et la sinusite, c'est le pire du pire, c'est une douleur qui prend tellement de place que j'en deviens presque schizophrène à force. C'est pour ça que je me cache dans mon trou.

C'est ça. La sinusite me permet de m'approcher un peu de la folie, voir comment on peut se sentir quand on est juste sur le bord de la folie. Border line. C'est l'état qui me décrit le mieux ce soir. Non, je ne me plains pas. Je constate, pas pareil. Je n'aime pas me plaindre, et personne ne sait que j'ai envie de me couper la tête pour me soulager. Deux tylenols extra fort n'ont aucun effet. Nuls, ces trucs là. Voir un médecin ? Plutôt mourir. Ils me tuent avec leurs grands airs. Je vais plutôt aller, demain, m'acheter des herbes et des remèdes de sorcières. Pi rester tranquille jusqu'à temps que ça passe.

Assise dans une immobilité complète devant mon PC, mes doigts se déplacent avec peine sur le clavier. Mille et une erreurs, je recule, je delete, je tape par dessus. Maudite misère noire. Derrière mon front, c'est l'ouragan, la tourmente. C'est chaud dans toute ma tête et je sens comme un bulldozer faire pression sur mes tempes, j'ai des couteaux derrière les yeux qui ne sont plus que des orbites vides qui brûlent, et l'incendie s'étend jusqu'aux os derrière mes joues et de chaque côté du nez. Sinusite, je te déteste. Quand tu es là, je ne peux plus écrire parce que tu prends toute la place. Lâche-moi.