Un jour de pluie, encore un, et hier aussi. Et puis du froid : 12 ou 13 degrés avec vents, humidité et chaussettes de laine. J'allume le feu en plein mois de juillet. Comble de l'ironie, dans mon journal du matin (le Soleil), ils mettent la météo sur la même page que l'horoscope bidon, héhé. 

Toujours occupée à trier et organiser la fermeture définitive de la maison, le grand départ, j'ai eu un pénible moment de découragement, vendredi et hier aussi, accompagné d'une overdose de poussière et de vieux souvenirs que je préférerais parfois mangés aux mites. Mais non, tous survivent et me suivront encore, brièvement revisités et remis à dormir dans leurs jolies boîtes, antérieurement enfouis, classés, attachés avec des rubans aux couleurs d'arcs en ciels, conservés dans une chambre du coeur. 

Même si j'avance, même si chacune de mes journées est très « productive » et même si je suis remplie à ras bord d'espoir quand mon coeur se tourne vers Montréal, je rencontre de temps en temps des vagues de nausées qui m'immobilisent. Alors s'il fait beau je prépare un sandwich que je sors manger dehors au soleil [quand y'en a] accompagné d'un bon verre de rouge, ou deux ; après et pendant ce moment de gracieuse paix, les yeux perdus dans la verdure et les fleurs, je chasse les moustiques, fais un tour dans le jardin soigner quelques beaux légumes et cueillir les plus généreux pour le repas du soir et ensuite je rentre et monte m'allonger dans le grand lit pour faire une sieste bienheureuse et après quand je me lève la besogne à venir semble moins lourde. Je compte les jours qui restent [15]. Je sors un chiffon et nettoie, dépoussière, mets des choses en boîte, ferme les boîtes avec du papier collant [celui large et transparent qui colle sur les doigts, les cheveux, sur les ciseaux et sur lui-même et s'entortille, si mince que si on le perd, il faut gratter quinze minutes pour retrouver le bout, grrr].

Enfin bref, c'est encore dimanche et j'ai 52 boîtes de faites. Les trois quarts sont des boîtes de livres. Ça fait bizarre de vivre sans livres mais j'ai eu envie de l'éprouver, savoir ce que je pouvais ressentir sans bouquins autour de moi. Eh bien je ne connais rien d'aussi triste et d'aussi déprimant. Sauf que j'en ai mis deux de côté, car j'avais promis de les prêter à C. [les 2e et 3e du « cycle de Manawaka », de Margaret Laurence, - références notées sur ma page de lectures 2009 et je les lui apporterai la semaine prochaine]. Et puis je m'en suis gardé un pour moi, jamais fini. On joue à deviner lequel ?