22. et cette histoire ?

Je n'oublie pas. Mais je ne suis pas encore en mesure d'en écrire les premiers mots, j'y réfléchis. Je tourne et retourne l'histoire dans tous les sens. Parce qu'elle sera nécessairement un peu trop longue pour se glisser dans ce journal, je cherche et recherche comment la publier, comment la présenter pour la rendre plus lisible et intéressante. 

À l'heure où j'écris ces mots, je pense que je ferai un document à part, peut-être avec un extrait du premier paragraphe dans le journal et le reste dans une annexe avec un titre. 

Et puis je crois que je ne pourrai pas faire autrement que de livrer la marchandise en épisodes, parce que lire sur écran trop longtemps, ça fatigue. Voua aimez mieux les textes courts, les paragraphes courts, les phrases courtes. 

Les mouvements de la tête et des yeux sont différents lorsque vous lisez dans un livre. Sur papier, il y a une limite physique aux pages, vous êtes habitué à ça, vous faites des pauses plus souvent, vous sortez du livre de temps en temps, ne serait-ce que pour tourner les pages ou pour regarder à quelle page et chapitre vous en êtes rendu, combien il en reste et tout ça.

La lecture sur écran vous garde captif et vous immobilise plus longtemps, et d'une autre façon. Parce que c'est une sorte de lumière, ça hypnotise. Blanc. Si le texte est trop long, vous ne savez pas où sera la fin et vous pouvez arrêter de lire juste pour ça. Pourtant vous savez bien qu'il y a toujours une fin dans une histoire. Sauf que dans la vraie vie, la fin d'une histoire signifie le commencement d'une autre. Ou parfois la fin de toutes vos histoires.

Haut de page