8. epifania

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Celui qui choisit l'écriture pour se faire lui-même, pour se fonder dans son être, doit d'abord inventer ses propres images, devenir à lui-même un monde. Tel est le sens de toute poétique au sens initial du terme, le voyage à travers lequel l'artiste construit ses propres fondations en édifiant ce que deviendra l'oeuvre.

Ceux qui diront que je me répète auront raison. Comme toujours. J'aime bien laisser l'Autre avoir raison. En fait, j'aime autant ne pas avoir le dernier mot [glissez mortels, n'appuyez point]. Et si je repique la citation qui fermait ma page du 9 novembre c'est que j'ai réfléchi à ces mots-là toute la sainte semaine. Pas une minute de répit. Comme une incurable obsédée [que tu es].

J'avais d'abord recopié la chose dans mon journal papier. Ensuite en gros caractères sur un papier de format légal que j'ai fixé sur le frigo avec des bébelles magnétiques quétainissimes. J'ai lu et relu. Décortiqué. Et puis j'ai ouvert mon cahier et j'ai noirci des pages et des pages avec tout ce qui me passait par la tête pour essayer de comprendre. L'idée était de plus en plus nébuleuse. De moins en moins lumineuse. Et puis ce qui, à première lecture, m'était apparu comme la révélation d'une évidence des plus limpides s'est transformé en une manière de charabia totalement incompréhensible. Mes horizons se sont refermés. J'ai détesté Michelet.

Et puis mardi est arrivé et je suis partie travailler avec mon obsession sous le bras.

Un matin, je roulais sur la 20, il faisait soleil. Et il y a eu un dénouement à cette histoire. Quelque chose d'heureux m'est arrivé. J'ai vécu mon epifania. Quelque chose d'heureux et d'intimement lié à l'histoire que j'écris. Donc, motus.

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