Réconfortée après ma décision de « voyager léger ». 

Dilemme : ou bedon je m'en enlevais de sur les épaules et acceptais que tu m'arrives, ou bedon je ployais encore un peu plus sous le fardeau de la précarité et de l'isolement, du manque affectif, physique et intellectuel, littéraire et culturel aussi. 

Quoi qu'il en soit, je pense à demain et je suis soulagée. Et triste un peu. C'est ainsi que j'arrive à toi. Ça va passer. 

Si j'avance par en avant, c'est pour me mettre dans une meilleure situation, avoir ce qu'il me faut pour être capable de continuer à butiner ce qui me tombe du ciel. Escale obligée en la poésie de La source, chanson du grand Gilles :

La source qui fait le ruisseau / N'en demande pas son salaire / La source qui fait le ruisseau / La source ne vend pas son eau

Le ruisseau d'entre les cailloux / Le ruisseau qui fait la rivière / Qui donne à boire au lièvre, au loup / Ne leur demande rien du tout

Et c'est ainsi que tu m'arrives / C'est ainsi que j'arrive à toi

La rivière qui va rêvant / D'avoir son dos plein de navires / Comme le fleuve au loin devant / La rivière coule en rêvant

Le fleuve accueille les poissons / Et la marée, et les épaves / Les oiseaux et les vents qui sont / Les capitaines des saisons

Et c'est ainsi que tu m'arrives / C'est ainsi que j'arrive à toi

Et la mer met son grain de sel / Et ses berceaux, et ses tempêtes / Comme une abeille fait son miel / De tout ce qui tombe du ciel

Écume, embruns, brume et brouillard / C'est de vous que ma source est faite / Écume, embruns, brume et brouillard / Et de vos nuages fuyards

Et c'est ainsi que tout arrive / C'est ainsi que je meurs en toi / Et c'est ainsi que tout m'arrive / C'est ainsi que j'espère en moi...

La source qui fait le ruisseau / Ne demande pas son salaire / La source qui fait le ruisseau / Ma source ne vend pas son eau