Ils ont dit que c'était le printemps. Il neige tout le temps. Avec des grands vents. Et j'attends.

Vendredi matin. Je lis un peu de Prévert. Et si j'essayais de « peindre un oiseau » est-ce que l'oiseau s'envolerait, que ça marcherait, que je signerais ? Et si je recopiais les « Grifouilis dans le fouillis gris », extrait de Soleil de nuit, je dirais que des fois... :

La douleur
des fois c'est à vomir, trop à voir, à ressentir,
des haut-le-cœur.
Mais les amibes de nos amis sont nos amibes, et
quand ceux que j'aime s'abîment et tombent
dans leurs petits abîmes, avec eux je tombe
et j'ai peur de les perdre,
c'est toujours pareil, un beau jour de
calendrier, il y a eu quelque chose
de cassé,
aucune vitre ne me reste tellement elle
a été brisée, qui, la vitre,
quelle vitre, quelle huître,
le vitrier est un ouvrier,
l'huîtrier est un oiseau,
et les huîtriers du Congo tombent
de vertige des roseaux,
rien à faire quoi qu'on dise,
se taire,
je ne suis pas le aujourd'hui, je suis
le hier, et demain je
le refuse des deux mains.
Dès demain, j'essaierai
mais qu'est-ce que j'essaierai...

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Commentaires

le 29 mars 2008 à 4h21 [UTC-5], manata a écrit :

je vous remercie de votre choix de prévert, j'ai pu ainsi consoler un amis de la perte.....d'un ami

je vous envoie un peu de printemps de france :

Les arbres se sont habillés de couleurs pastels,
Jonquilles, crocus ont bravé la fraîcheur du temps,
Que déjà, les oiseaux publient leurs noces dans le ciel.
Neiges et froidures sont parties : " vive le Printemps ! "

Immense symphonie, où des millions de fleurs,
Se mélangent en un jour, aux bourgeons de velours
D'un coup de baguette magique : le ciel sort ses couleurs
Pour éblouir nos yeux, il devient troubadour.

Dans un ballet de cabrioles fantastiques
Les oiseaux dansent, s'accouplent et préparent leur nid,
Guidés par une force invisible et mystique,
Leur chant monte en hommage : au Maître de Symphonie.

Les oiseaux se sont embrassés sur les branches,
Et des angelots coquins ont ajusté leurs flèches...
Etrange ! tout ce que le Printemps en un jour change !

Les arbres se sont habillés de couleurs pastels,
Tandis que sous leurs branches les amoureux de mèche,
Se content fleurette quand roucoulent les tourterelles.


le 29 mars 2008 à 16h28 [UTC-5], annie a écrit :

tant mieux si Prévert peut encore consoler. preuve que cela ne sert pas à rien d'écrire. et de lire.

et pour les vers, merci beaucoup.