maison de Boris Pasternak

J'ai eu la chance de découvrir, avec le moteur de recherche search.com, la dacha de Boris Pasternak, à Peredelkino, petit village situé au sud-ouest de Moscou. N'est-elle pas magnifique, cette demeure dans la neige ? La photo, libre de droits, est de Bolesław Niemen. D'autres informations sur Peredelkino, avec des images de l'intérieur de la dacha.

Coincée dans la lecture de mon gros roman russe, je n'avance pas, je m'enlise. Je m'entête. Avec une seule intention, celle de passer au travers. Relire au complet le Le docteur Jivago de Pasternak. Ne pas l'abandonner à son triste sort de vieux livre de poche magané que plus personne veut lire et qui m'a couté une piastre et quart sans taxe à la bibliothèque municipale. Pourquoi ils ont rejeté ce livre, je l'ignore. Peut-être l'ignorent-ils eux-même d'ailleurs. L'exemplaire a peut-être été jugé surnuméraire, inutile ou inintéressant.

En 1958, Boris Pasternak obtenait le Prix Nobel de littérature pour son roman, mais sous la pression soviétique il n'a pu l'accepter. J'avais lu Le docteur Jivago vers quatorze ou quinze ans et je réalise aujourd'hui que je n'y avais pas compris grand-chose mais ce n'est pas grave, je l'avais aimé et ça m'a donné l'envie de le relire maintenant. L'histoire est à suivre quand j'aurai fini.

Étant officiellement en recherche d'emploi, je n'avance pas très vite à mon goût non plus. J'ai passé une première entrevue vendredi, pour du travail dans la région, et je crois que je ne suis pas tout à fait la candidate qu'ils veulent. Simple impression que le courant n'a pas passé et je n'ai pas envie et ne suis pas trop à l'aise d'en raconter plus long publiquement.

Sauf à dire que j'ai peut-être eu tort de parler de moi comme personne parce que j'y vois un lien avec ce travail et eux sans doute que non. Ils ne m'ont donné aucun feed back, mais après l'entretien ils ont photocopié mes diplômes, pris ma liste de références et fait compléter un questionnaire contenant des info. personnelles et médicales hyper détaillées ; et pour conclure la secrétaire est venue me dire que j'aurais un appel téléphonique si c'est oui et une lettre si c'est non. Elle m'a laissée seule dans une petite pièce pour compléter cette paperasse que je devais laisser là dans une enveloppe et repartir sans personne pour me raccompagner. N'ayant aucun sens de l'orientation dans les hôpitaux, je me suis perdue dans les dédales de couloirs étroits et drabes. J'avais tout de même envie de rire tout le long de cette rocambolesque aventure en souhaitant silencieusement la bienvenue à notre chère madame strohem dans le merveilleux univers kamouraskafkaïen avec bien de sssss à la fin.

Je me demande encore si je les ai intéressés ou si je les ai ennuyés profondément. Ils ont peut-être eu de la difficulté à placer mes expériences et compétences dans les petites cases du questionnaire d'entrevue que je connais pas coeur. Bof. J'ai l'impression que si le fameux « courant » n'a pas passé, c'est que j'aurais sans doute dû me taire avec mes propos sur la place à faire à la littérature dans ma vie, comment concilier écriture et boulot, l'art, etc. On m'a tellement dit que j'étais secrète, et réservée, j'ai opté pour la transparence et je crois que ce n'était pas souhaité ni attendu. Que j'ai passé pour une hurluberlue, voire même une illuminée.

Bref, j'arrive à mardi midi et je n'ai pas encore de réponse. Si le téléphone ne sonne pas aujourd'hui, demain je ferai des appels pour me booker des entrevues la semaine prochaine à Montréal. Là-bas, ça ne traîne pas, quand ils te veulent, ils te le disent tout de suite. J'ai parfois décroché des contrats par téléphone, les gens me connaissent et c'est tellement plus facile.

Je me demande si je ne vais pas procéder dès aujourd'hui, et refuser d'attendre un appel qui ne viendra peut-être jamais. Je n'ai jamais aimé attendre. Jamais pu. Ça me tue d'attendre. Combien de temps faut-il attendre ? C'est peut-être à moi de choisir si je veux travailler avec ces gens-là ou pas. Je veux bien travailler, mais qu'on me laisse au moins écrire et rêver.

Je suis très consciente que si je pars travailler dans la grande ville, ma maison deviendra une dacha. J'y reviendrais de temps en temps les week-ends, et pour les vacances. Je ne vis pas cette possible réalité comme une catastrophe. Bien au contraire. Parce que ainsi, je ne serais pas obligée de la vendre et j'aurai mon coin de nature bien à moi pour cultiver des fruits et des légumes. Ma dacha.