Je n'arrive pas à écrire une page de journal par jour. J'avais pris un bon sept jours de retard. J'ai fait les 12 et 13 novembre tout à l'heure. Décidé de ne pas combler le vide temporel entre le 13 et le 18.

J'ai passé beaucoup d'heures à remettre en ligne chacun des textes des Carnets rouges. J'ai tout refait le décor. Mais en gardant Schiele et l'orientation des trois rubriques : inventio, memoria et mots magiques. Sacrifié Odyssée et quelques bricoles. Repêché ce cher Max Cockrell. Impossible de l'oublier, celui là. Tout relu au passage. Que d'émotions.

J'y avais découvert un bogue majeur la semaine dernière : plus un seul lien ne fonctionnait vers les archives, des erreurs php [failed to open stream, avec : le fichier demandé n'existe pas], c'était partout. Et malgré mes nombreux bidouillages de déboguage, je n'ai rien pu réparer. Les fichiers étaient bien là, les chemins d'accès et les permissions étaient bons. J'aurais pu fermer, j'y ai pensé. Mais je préfère continuer, relancer le projet. Essayer en tout cas. Les Carnets rouges, c'est un espace pour les autres, ce n'est pas pour mon écriture à moi. Au début j'en mettais et puis j'ai préféré me retirer et laisser la place. Ce site-là, c'est pour attirer l'attention sur des textes que j'aime, les faire découvrir ; j'espère soutenir l'écrit et ceux qui écrivent, offrir une place sur internet à des personnes qui n'en ont pas ou encore diffuser, éditer autrement, ceux qui ont déjà un site ou un blog. J'y conserve aussi les quelques derniers liens de ce que fut un petit cercle de journaux.

Je n'ai pas eu le coeur de fermer les Carnets rouges. Et donc, si on continue, j'aurai besoin de nouveaux textes. Si on m'en écrit, je les publierai. Si je n'en reçois pas, les choses vont en rester là. On dira que c'est le statu quo. Par contre, si les Carnets revivent, j'en serai très heureuse et fière de « nous ». J'attends vos textes ?


Au quotidien, j'ai caressé l'idée de re-déménager, repartir en ville. Pesé soigneusement les pour et les contre, les avantages et inconvénients. Et pour finir, j'ai compris que puisque je ne sais pas où aller, et que je n'ai envie de vivre nulle part, je resterai ici. Trouver du courage. Du souffle.

Ne pas savoir où aller, c'est le manque de désir pour me projeter ailleurs dans une autre direction, et c'est peut-être le signe qu'il n'y a rien pour moi dans cet ailleurs. Et puis ce qui me fait défaut en ce moment, c'est l'énergie pour suivre la route en sens inverse, répéter tous les gestes, les mêmes efforts. Tout réorganiser.

Par ailleurs, rester ici à la campagne se résume juste à une chose : être. Et ne me demande rien d'autre que d'être moi. Sans raison ni envie, sans travail, sans rôle social définis. Rien d'autre ne m'est demandé par la vie. Rien d'autre que d'écrire et de continuer d'aimer et de prendre soin de ceux que j'aime à distance.

Partir d'ici ? Ça aurait été me fuir moi-même. Alors j'ai fermé les grands livres du bilan, fait le ménage, pris une grande respiration. Et je me suis remise au travail.