À vingt-trois heures et des poussières hier soir j'ai voulu admirer une dernière fois la lune et les étoiles et j'ai vu des milliers de petits flocons blancs voltiger là-haut. Le sol commençait déjà à se couvrir. On devinera ce que j'ai fait. J'avais travaillé toute la soirée à peaufiner un questionnaire de sondage pour la bibli., et j'avais le dos en marmelade.

Ma belle neige tant espérée était encore là au matin. Surprise : un beau trois centimètres tout partout.

La neige a été bien bonne pour moi cette année [je sais, la neige n'est pas une personne alors je n'ai pas à l'affubler de sentiments sirupeux, mais néanmoins je...] et elle aura attendu que j'aie rentré presque toute la réserve de bois de chauffage et sorti ce qui traînait dans la cave pour le déplacer vers la remise en attente d'un transport vers le centre de récupération le plus proche. Comme cette phrase est mal ficelée. Mais peu importe il faut parfois se contenter d'écrire sans prétention comme l'on parle : mal. Paraît que ça montre de soi un côté humain tout à fait irrésistible voire charmant.

Une personne bien intentionnée m'a servi récemment cette citation avec oubli du nom de l'auteur : « Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire viennent aisément. » Moi aujourd'hui je n'énonce pas du tout, je jette des mots sur une page. Je ne conçois donc rien. Donc je n'écris pas. Pas bien. C'est à dire mal.

La neige m'a également laissé le temps de brûler les branches mortes et de remiser les chaises et la table de jardin, le boyau d'arrosage, de fermer la valve d'eau pour l'extérieur pour pas que le tuyau éclate sous le gel, enfin bref de faire mon petit ménage dehors.

Je n'ai pas le coeur à garder trace écrite du reste de ma journée qui a été entièrement gâchée pourrie par des Témoins de Géovousavezqui, qui ont frappé dans la porte pour entrer m'évangéliser la foi quand je sortais de la douche avec les cheveux mouillés et dégoulinants, et autres irritants. Tout ça m'a bousillé ma petite neige qui s'en fiche bien de moi et de mes états d'âme, je sais.