Après plus de quatre jours de soleil, enfin c'est la pluie. J'ai profité du beau temps pour finir quelques gros travaux dehors. Éreintants. Rien pour guérir un mal de dos. Je vais pouvoir souffler un peu. Les analgésiques [tylénol] n'aident pas beaucoup. Je n'ai pas envie d'aller voir un médecin, de toutes manières, je ne connais aucun médecin par ici n'ayant jamais été vraiment malade depuis mon arrivée dans la région. Ce mal finira bien par disparaître comme il est venu et avec les moyens du bord : bains et compresses chaudes, massages, repos.

Fait pas chaud dans la chaumière, surtout humide. J'ai installé une petite table proche du foyer. Depuis deux jours, j'allume le feu dès le matin. La réécriture de mon roman avance bien, une à deux pages par jour. Je continuerai mon travail bénévole à la bibliothèque à raison d'une soirée par quinzaine. J'aime ça mais je ne peux pas donner plus de temps, pour le moment. Dire que l'an dernier à pareille date, je vendais la maison de Montréal et je me préparais à déménager, je n'en reviens pas de tout ce que j'ai fait depuis un an. Tout laisser, ou presque, n'aura pas été facile. Vraiment pas facile.

Autrement, l'opération « vin » suit son cours et je n'ai rencontré aucun problème sérieux. Juste un peu fatigant de me lever chaque nuit pour ne pas interrompre les « brassages » qui doivent se faire aux quatre heures. La grosse fermentation est a peu près terminée, le test de densité indique 0.098, et ça goûte déjà bon, j'aime la couleur, et le marc flotte dans le moût et ça macère joyeusement là-dedans. Quand j'aurai pressé, soutiré et transféré le précieux liquide dans la dame-jeanne, il portera le nom de vin. Mais non. Ce que j'ai goûté tout à l'heure, c'est déjà du vin, très jeune et plutôt nerveux, mais néanmoins vin. II lui reste à se développer, se raffiner, s'étoffer, ça peut prendre jusqu'à un an mais dans trois mois, on aura un vin nouveau.

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Mais le plus gros du travail fut de tenir les drosophiles à distance. Il s'en trouvait quelques unes dans la cuisine à cause des tomates et autres fruits laissés sur les tables, à mûrir. Erreur. Elles ont vite suivi le chemin de la petite pièce où j'avais placé la cuve, porte fermée. Grand nettoyage des murs et planchers chaque fois que j'en voyais une. J'ai lu quelque part qu'une seule de ces bestioles miniatures peut « piquer » le vin, c'est à dire le faire tourner en vinaigre. Je n'ai rien contre le vinaigre, mais ce vin, je veux le boire un jour et non pas en faire de la vinaigrette.

En faisant des recherches j'ai appris des tas de choses, notamment tout ce que vous devez savoir sur l'élevage de la drosophile, qualifiée d'aliment vivant par excellence pour lézards, grenouilles et compagnie. Fabuleux. Mais que de travail. Et que dire de la page Front de libération des drosophiles ? J'adore. Leur logo est superbe.

La drosophile, on l'appelle souvent la mouche à fruits ou la mouche du vinaigre. J'ai appris comment m'en débarrasser et aussi trouvé une mine d'autres informations sur le site de l'Insectarium de Montréal. Et la petite mouche est très utile à la science.