flirt avec un gros glaçons

tu perds tes yeux dans les autres
ton corps est une idée fixe
ton âme est un caillot au centre du front
ta vie refoule dans son amphore
et tu meurs
tu meurs à petites lampées sous tes semelles

[extrait de « Soir tourmente », in L'homme rapaillé, de Gaston Miron]

Par la fenêtre de la cuisine, à travers la moustiquaire, j'ai surpris un gros glaçon suspendu au toit de la dépense en flagrant délit de flirt avec l'olivier du jardin, son encombrant phallus pointu planté dans la neige cristalline et bleue.

C'était hier. Je me suis mise belle, maquillée, coiffée, parfumée, et je suis allée exercer mon droit durement acquis par les suffragettes de faire une croix sur un bulletin de vote. Devoir aussi.

J'ai voté avec des rêves de liberté et de paix en songeant à toutes les femmes des générations passées qui acceptaient de se taire, ou à celles qui votaient ce que leur dictait le mari, le père, le frère, le curé.

La première province canadienne à accorder le droit de vote aux femmes fut le Manitoba, en 1916, mais au Québec il a fallu se battre jusqu'en 1940.

Les chantiers où j'irai travailler cette semaine :

  • recherches : recopier mes notes sur Ernest H., fouiller encore Mort dans l'après-midi, désosser
  • jardins : finir la liste des plantes pour l'herbularius, poster mes commandes, redessiner les plans
  • roman : travailler au moins quatre heures par jour, assise à une table, ordinateur fermé, verrouillé
  • poésie : relancer mon projet de recueil
  • bureau : repeindre les murs en vert serpentine, le jaune pâle m'étant devenu insupportable
  • salle de bain : boucher les quatre trous au plafond [j'ai enlevé le vieux gros néon laid et l'ai remplacé par un plafonnier la semaine passée] et faire des retouches à la peinture, trouver une nouvelle couleur pour les murs autour du lavabo.