20. herbularius

plafonnier en pampilles

Matinée moins prolifique que celle d'hier, mais ce n'est pas grave, un texte qui commence, ça a la vie fragile, je marche sur la pointe des pieds avec ce sujet-là, fort délicat. Seulement deux pages de plus entre 8 heures et midi, mais la journée est loin d'être terminée. Ils ont livré un autre meuble pour ma chambre, un petit bureau de chevet en pin du même style que l'armoire haute et fabriqué par des artisans de la Beauce. Il ne restera plus qu'à fixer au mur mon grand miroir et dénicher une ou deux lampes avec un look tarabiscoté fait de cercles de métal forgés et des cristaux ou des perles ou des petites larmes argentées accrochées autour, j'ai ça en tête mais je ne sais pas si je pourai le trouver quelque part. J'ai déniché une image qui ressemble un peu à ce que je cherche dans une revue de décoration [Côté Sud, numéro 90, page 177], il s'agit d'un plafonnier en pampilles, et je l'ai numérisée pour le journal, et pour me souvenir de ce que je cherche. J'irai voir chez les antiquaires et brocanteurs, un de ces jours.

J'ai posté tout à l'heure un commande de semences à La Société des plantes. J'en ai pour 64 dollars et quelques sous, taxes et transport inclus. Je continue d'apprendre comment et quand semer, faire pousser, entretenir, récolter, et conserver, et transformer tout cela, compte tenu des températures d'ici et de l'exposition au soleil, aux orages, et aux vents. J'ai dessiné quelques esquisses de ce qui sera la base pour les plans de mes futurs jardins. Il manque encore plusieurs variétés de légumes, de fleurs, de plantes aromatiques, un ou deux arbres fruitiers. Je cherche des pruniers de Damas, entre autres, et d'autres catalogues, bien évidemment. Je n'ai pas encore reçu celui de W.H. Perron. On m'a parlé d'une dame à Saint-Denis qui vend des semences bio, mais sa boutique est fermée en hiver. En attendant les jours plus doux, j'étudie la botanique, et je recueille soigneusement les restes de table pour le compostage des prochaines années, la cendre et tout ce qui pourra être utile aux jardins. Je crois que les anciens proprio m'ont laissé suffisamment de compost « mature » pour nourrir la terre cette année et la prochaine.

Pourquoi ne pas conserver ici la liste et le descriptif [celui de La Société des plantes, selon leur catalogue] de chacune des plantes choisies pour cette première année de vrai jardinage. La plupart serviront à fonder mon jardin de sorcière. J'en ai pris quelques unes pour le jardin de légumes, et des plantes compagnes et ornementales.

Grande absinthe [Artemisia absinthium, Astéracées] :
« Cette herbe sainte des anciens, muse de nos poètes maudits, est une vivace rustique facile à cultiver. Ses feuilles argentées et soyeuses en guise d’armure, elle rit des sécheresses et déjoue les vents et les chevreuils. 75 cm de caresse au parfum grisant qui ne laisse personne indifférent. Dédiée à la déesse Artemis qu’on associe à la Lune, l’absinthe guide nos pas à la lueur laiteuse de cet astre qu’elle réfléchit. Son effet insectifuge est une autre raison de la laisser se ressemer en périphérie du jardin. Un des meilleurs toniques amers, elle ouvre l’appétit et, dosée subtilement, elle parfumera les volailles rôties en les rendant parfaitement digestes. Percez les secrets de l’Absinthe en vous procurant le Manuel pratique pour la fabrication rapide et économique des liqueurs et des spiritueux sans distillation aux éditions de l’Oie de Cravan, distribué par Fides. Des centaines de graines. »

Bourrache [Borago officinalis, Boraginacées] :
« Toute la fraîcheur du bord de mer dans ces fleurs bleues gorgées de nectar qui apparaissent à profusion tout l’été et attirent une manne de pollinisateurs. On dit que «un jardin sans bourrache est comme un chevalier sans courage». Une annuelle rustique qui se ressemera sur place. 60-90cm. Env. 20 graines. »

Cataire, ou herbe à chat [Nepeta cataria, Lamiacée] :
Vivace rustique. À laisser se propager dans le jardin sauvage où elle a un charme certain, dans la plate-bande, non ! Très utile en tisane ou en teinture pour calmer son monde. Si vous voulez attirer les chats du voisinage… ou offrir un coin au vôtre. 1 mètre. Env. 400 graines. »

Cerfeuil [Anthriscus cerefolium, Apiacée] :
« Cette plante annuelle a des feuilles finement dentelées très parfumées, plus sucrées et anisées que le persil. C’est l’herbe de base des «fines herbes» françaises. Un aromate exceptionnel qui nous séduit lentement, doucement, subtilement. À son meilleur à l’état frais et cru dans les salades, on l’ajoute en toute fin de cuisson dans les sauces, les potages, les omelettes et les purées. Il adore les climats frais où il se naturalise aisément à l’abri du vent et du gros soleil, plus sucré à l’approche des premiers gels de l’automne ou au printemps. On peut aussi le faire pousser l’hiver dans un coin frais de la maison. Env. 200 graines. »

Hysope des rocailles, hysope nain [Hyssopus officinalis ssp. aristatus, Lamiacées] :
« Petit buisson fourni originaire des Pyrénées, plus bas et compact que l’hysope commune méditerranéenne. Plante vivace très aromatique et mellifère à essayer comme condiment avec les viandes. Il pousse bien en compagnie du thym et de la lavande. Ses fleurs bleu sombre réunies en épis à la fin de l’été sont toutes tournées d’un même côté de la tige. Elles attirent une panoplie de créatures butineuses dont les oiseaux-mouches. Un excellent aromate méconnu. 25 cm. Env. 50 graines. »

Monarde fistuleuse, fausse bergamote [Monarda fistulosa, Lamiacées] :
« Plante vivace indigène d’Amérique du Nord. Les fleurs roses très nectarifères ainsi que les feuilles sont imprégnées d’un arôme puissant poivré et mentholé avec une idée de fruit citrique, de là l’appellation de bergamote sauvage. Elle aime les sols qui se drainent bien et tolère bien la sécheresse, mieux que Monarda didyma. Elle est aussi moins sensible au mildiou qu’elle et son arôme est plus puissant. Un peu d’ombre lui fait du bien. Z3. Env. 1 m. Env. 150 graines. »

Pavot "Ziar", pavot à pâtisserie [Papaver somniferum, Papavéracées] :
« Annuelle. Cultivar de pavot à opium pour cuisiner, sélectionné pour ses graines plus sucrées que chez l’espèce et ses très grosses salières qui restent fermées même mûres, ne laissant pas s’échapper les graines. Pétales simples lavande pâle avec centres rose foncé. Semis direct en mai. Se ressème. 90 cm. Env. 400 graines. »

Souci [Calendula officinalis, Astéracées] :
« "Semez vos soucis !" Cela fait longtemps que nous avons écouté ce dicton et ils se ressèment tout seuls maintenant, pour notre bonheur. Nous offrons la variété simple jaune orangé de cette annuelle, qui ne demande que de la lumière et un peu d’eau en cas de vraie sécheresse. On utilise les pétales dans tous les plats où on veut mettre du soleil, ou sur la peau où ils font des miracles sous forme d’huile, d’onguent, ou simplement en compresse. Ils devraient être dans le trousseau de tout jardinier débutant pour l’encourager. Env. 200 graines. »

Verveine bleue [Verbena hastata, Verbenacées] :
« Vivace rustique. Ses minces épis floraux bleu violacé clair apparaissent en quantité au bout de tiges rigides, de juillet à septembre, par dessus un feuillage étroit et discret. Une plante sauvage assez svelte pour s’insérer à travers une communauté de plantes cultivées sans les étrangler, au soleil en sol humide préférablement. Elle est utilisée en herboristerie pour traiter le système nerveux. 80 cm-1m. Env. 200 graines. »

Jusquiame [Hyoscyamus niger, Solanées] :
« L'impératrice de la nuit est vénérable et redoutable. Cette plante est entrée dans la composition de nombreuses préparations magiques et médicinales. Toutes ses parties sont poison mais le plus toxique réside dans ses magnifiques feuilles velues, causant des hallucinations et un délire accompagné de convulsions. C'est un poison mortel qu'il faut craindre. Ses fleurs jaune pâle veinées de violet regardent de tous côtés, tout l'été de la 2e année. Les larves de doryphores ne la quittent pas. Durée de vie des graines: plus de cent ans d'après Marie-Victorin. Elle servait encore au début du siècle dernier pour faire des lotions contre les poux et la teigne. Bisannuelle rustique. Env. 125 graines. »

Armoise annuelle, sweet Annie [Artemisia annua, Astéracées] :
« Plante annuelle rustique à feuillage aromatique presque invisible en début de saison tellement il est fin, et qui finit par former des cônes de dentelle ressemblant de loin à des petits sapins. On en fait des couronnes tressées pour parfumer les armoires ou la porte d’entrée. À semer et laisser se ressemer où l’on passe souvent car on ne se lasse pas de son parfum suave. Elle fait de belles haies. 30 cm-1,5m. Des centaines de graines. »

Roquette, Arugula [Eruca sativa, Brassicacées] :
« Spécialité italienne au goût de noisette-radis-beurre, plus relevé si la plante souffre de sécheresse. Semis successifs au soleil à partir de la mi-juillet, moment où les altises sont moins nombreuses. On apprête les jeunes feuilles crues en salades ou cuites en soupes veloutées. Les fleurs se mangent et font de très beaux bouquets. Les graines s’utilisent telles des graines de moutarde. Env. 400 graines. »

Épinard "Monstrueux de Viroflay" [Spinacia olacera, Chénopodiacées] :
« Feuilles vert foncé très épaisses et charnues. Les touffes mesurent souvent de 60 à 75 cm de diamètre. Une variété importante qui a servi à créer plusieurs hybrides modernes. Env. 50 jours. Env. 150 graines. »

Laitues en mélange [Lactuca sativa, Astéracées] :
« Un mélange où peuvent apparaître les variétés suivantes: "Cracoviensis", "Rouge d’Hiver". "Cressonnette du Maroc" et "Mascara". Env. 250 graines. »

Courge "Melonette Jaspée de Vendée" [Cucurbita pepo, Cucurbitacées] :
« Cette magnifique variété traditionnelle française est prolifique et ses longues tiges coureuses ont besoin d’espace. Les fruits jaune or en forme de boule ont la peau brodée comme des petits melons. La chair orangée est très sucrée, excellente crue ou simplement passée sous le grill. On en fait des potage, de la purée, des flans, des beignets, des tartes. Se conserve jusqu’en février Env. 10 graines. »

Poireau D'Hiver de Saint-Victor [Allium porrum "D’Hiver de St-Victor"] :
« Poireau large et à bout bulbeux, au feuillage très résistant au froid devenant bleu violet à l’automne. Variété issue de "Bleu de Solaise". »

Pour le poireau d'hiver, ils ne disent pas combien de graines. Wait and see, donc.

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