11. pour savourer les dernières saveurs

Dernier jour 2005, donc. Je ne ferai pas de bilan ni ne prendrai de résolutions. Je continue, confiante, sur un chemin que je laisse s'ouvrir tout seul devant moi. La solitude ne me pèse pas, la simplicité de la vie en pleine campagne me fait du bien. Je me suis levée tôt et rallumé le feu. Bien dormi dans le grand lit de métal posé en biais dans la chambre blanche, sous une couette en duvet d'oie recouverte de la housse blanche entourée de dentelle et brodée d'une fleur rouge. J'ai transporté des buches sèches dans une armoire, en ai rentré d'autres à sécher dans un coin de la cuisine, c'est bon d'avoir des provisions de bois sec dans la maison pour les jours de tempête comme celle d'hier où il devient difficle de s'aventurer dehors au grand vent. Le soleil brille depuis l'aube sur la neige blanc bleu et je suis sortie marcher une heure sur la route de la montagne, chemin faisant j'ai découvert à l'orée du bois un sentier pour faire de la raquette ou du ski de fond [mes souliers ne font plus, snif].

Je continue de lire le Raconter et mourir de Thierry Hentsch. J'en suis au chapitre « La lanterne magique » traitant d'un Rabelais qui ne fait pas toujours rire et qui n'est jamais sérieux ; c'est la cinquième partie qui aborde l'irruption du doute. Je ne lis pas selon l'ordre dans lequel les chapitres sont présentés, car j'avais commencé avec Gilgamesh, pour ensuite sauter à Perceval ou le transfert mythique. Comme le livre fait presque 500 pages, il m'en reste pour quelques jours sinon des semaines. Je prends mon temps et je souligne et m'arrête plus souvent qu'à mon tour la plume en l'air avant d'annoter dans les marges.

Ces deux derniers jours, j'ai rajouté à mon horaire quotidien du temps pour la planification des jardins, ce qui implique recherches, études, esquisses. J'ai consulté des plans de jardins québécois d'antan et celui de Saint-Gall, commandé le catalogue de semences de W.H. Perron, téléphoné à la ferme et téléchargé celui de La société des plantes, située dans la région de Kamouraska et qui produit spécialement pour ceux qui jardinent en climat nordique et qui recherchent les variétés rustiques, testées en climat identique au mien, c'est parfait. La société des plantes s'intéresse aux légumes anciens et aux variétés du patrimoine, aux légumes vivaces, aux plantes aromatiques et médicinales, aux plantes-compagnes et au potager ornemental. De plus, les descriptions et commentaires du catalogue sont très bien écrits, pas une seule faute d'orthograhe ou de grammaire, et fort poétiques, ce qui n'est pas pour me déplaire.

Pour glisser dans la fin d'après-midi, du jour, de la semaine, du mois et de l'an en douceur, j'ai fait de la soupe à l'orge, ouvert une bouteille de Cahors, sorti le plateau de fromages de la dépense et tranché du pain. Très chers lecteurs de ce journal, je vous souhaite de vivre les plus belles heures que vous pouvez rêver pour finir l'année 2005, en espérant avoir la chance de vous revenir demain avec mes Voeux pour la Nouvelle.

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