Extrait de Héloïse et Abélard, vers la fin :

Alors la laiterie céleste s'exalte. La nausée lui vient. Sa chair en lui tourne son limon plein d'écailles, il se sent les poils durs, le ventre barré, il sent sa queue qui devient liquide. La nuit se dresse semée d'aiguilles et voici que d'un coup de cisailles ILS lui extirpent sa virilité.

Et là-bas, Héloïse replie sa robe et se met toute nue. Son crâne est blanc et laiteux, ses seins louches, ses jambes grêles, ses dents font un bruit de papier. Elle est bête. Et voilà bien l'épouse d'Abélard le châtré.

[Antonin Artaud]

2005.01.19_givre et ciel

Ce jour était beau. Hier, et aujourd'hui. Un jour glacial et blanc avec des fleurs roses. J'« accuse » sérieusement le désir d'écrire en ligne. Le mien, bien évidemment. En notant au fur et à mesure ce qui me vient. Déjà toute une page manuscrite remplie de motivations et désirs, en vrac. J'aurai un beau ménage à faire dans tout ça. L'histoire est à suivre. Par ailleurs, rien ne bouge pour la vente de la maison : aucune visite depuis deux ou trois semaines, aucune offre, donc pas d'acheteur en vue. Mais rien ne presse.

Lecture - toujours Michelet : Le Moyen Âge.

Relecture - Artaud : L'Ombilic de Limbes.

Musique - Glenn Gould, et Bach.