Extrait d'une lettre de Freud à Arthur Schnitzler, le 14 mai 1922 :

« Pourquoi, en vérité, durant toutes ces années, n'ai-je jamais cherché à vous fréquenter et à avoir avec vous une conversation ? »

la Poésie_Mucha

L'inconfort, puisque j'ai fait le choix de ne pas nommer souffrance le mal qui me ronge, s'est estompé légèrement après la discipline que je me suis imposée hier : peu et bien manger et boire, des exercices, sortir de la maison pour marcher dans le froid et voir du monde. À mon réveil ce matin, il n'y avait plus du tout de ces petits tremblements intérieurs et aux mains, mais ça vient de recommencer. Aucune des psy ne m'a retourné mon appel. Elles doivent toutes être en congé. Mais il n'y a pas d'urgence, je sais me soigner toute seule, j'émergerai de ce marasme doucement. Sortir surtout m'a fait du bien. Le temps était doux, la neige rassurante. Mais dehors je n'ai rencontré personne, parlé à personne d'autre qu'à la jeune serveuse du Figaro. Je sais que je n'étais pas fermée à l'Autre. Ouverte, sans attentes. Observatrice de la vie dans une vitrine. Finalement il était tard, et j'ai dîné seule au café, me laissant baigner et envelopper par le long bruissement des conversations joyeuses autour et de la musique en toile de fond dans une atmosphère tout à fait baroque. J'avais apporté mon carnet, j'ai donc lu un peu du Génie féminin de Kristeva, toujours intéressante, et pris quelques notes. Dans ce livre, elle s'est attachée à décrire la vie et la personnalité de femmes qui ont modulé notre vision du monde chacune à sa façon : Hannah Arendt, la vie, Mélanie Klein, la folie, et la grande Colette, les mots. Trois exploratrices passionnées.