Extrait de l'Art poétique, de Gaston Miron :

dans un autre temps mon père est devenu du sol

il s'avance en moi avec le goût du fils et des outils

mon père, ma mère, vous saviez à vous deux nommer

toutes choses sur la terre, ô mon père, ô ma mère

j'entends votre paix

se poser comme la neige...

Le grand calme du lendemain de Noël s'étire blanc de neige. J'ai dormi dans un petit lit récemment installé dans un coin de mon bureau, oublié la porte ouverte. Je me suis réveillée congelée, avec une angoisse lourde comme du plomb chevillée autour de la gorge. Si je savais d'où cela me vient, je pourrais agir. La boîte à emails ne contient plus rien d'autre que de la pub pour des médicaments pour les nerfs, xanax et cie, ô ironie. Toujours eu horreur de ces saloperies, et malgré la forte angoisse, je n'accepterais jamais d'en prendre. Si ce mal être intérieur continue son avancée, soit je pars en voyage au bout du monde et pour longtemps plus vite que prévu, soit je me lance à corps et à coeur perdu dans une authentique psychanalyse et raconterai tout en ligne en cachette du psy, ainsi, nous en verrions de toutes les couleurs, n'est-il pas, chers lecteurs. Ce n'est pas que je cherche à évacuer toute souffrance morale, non, ce que je veux c'est savoir pourquoi cette insupportable angoisse s'est logée là, en moi, et d'ou cela me vient, et surtout ne pas l'engourdir avec une vie superficielle, le sexe, les drogues ou autres expédients qui détruisent. Autant ressentir le mal à froid, rester vivante. Rencontrer la bête de face.

musique
Hier, ravissement à la radio (première chaîne) durant tout l'après-midi : Euroradio avec des musiques de Noël et concerts en direct de la Finlande, de la Norvège, des États-Unis, de la Pologne, de la Bulgarie, de la Hongrie, de la Lettonie, et l'excellent « Noël à Leipzig », dans un programme d'oeuvres de Christoph Graupner enregistré à la salle Pierre-Mercure, en novembre 2004 [entendu en arrosant la dinde et en préparant les petits plats pour le dîner du soir].

Aujourd'hui, plaisir et nostalgie au menu : toujours sur la première chaîne de radiocan, à 14 heures, écouter L'oiseau de nuit [aux premières loges dans la cuisine, en lavant la vaisselle d'hier soir]. « Dans cet hommage à Guy Mauffette, Joël Le Bigot s'entretient pendant deux heures avec des proches de l'animateur. La troisième heure présente des extraits d'entrevue de Robert Blondin avec Guy Mauffette et la quatrième est un collage d'émissions du Cabaret du soir qui penche ».

lecture
Terminé la biographie de Berthe Morisot, par Dominique Bona. Impressionnée et charmée. Si tous les biographes avaient autant de talent et une aussi belle plume, je lirais sans doute davantage de biographies.