4. faits d'hiver

Train du souvenir et des nostalgiques tendresses de l'enfance adolescente emmaillotées d'insouciance heureuse. Françoise Hardy : Soleil, Des ronds dans l'eau, Le temps des copains [celle-là quand on l'écoute bien, les paroles sont terribles, presque aussi magnifiques que le Capri c'est fini chanté par Hervé Villard, mais ça c'est une autre histoire].

Toujours de madame Hardy, j'aime, au plaisir et à la folie : L'amitié, passionnément : La maison où j'ai grandi, infiniment : J'suis d'accord, Mon amie la rose, La question, Message personnel, Partir quand même, et Les jeux interdits, en allemand. Pour finir de couper le souffle.

Trois livres à trouver : Arts traditionnels des amérindiens, de Michel Noel et Jean Chaumely [Hurtubise HMH, 2004] ; Portraits d'insectes [Seuil, 2004], et une biographie de Berthe Morisot par Dominique Bona, à cause de son portrait par Manet, surprenante image d'une femme au regard large ouvert qui voyage autour du monde dans un étui à violon.

jour violet, le 14 décembre 2004

acte 1. des murs violets, un grand bouquet de roses rouges en train de sécher tranquillement les pieds dans l'eau, une lanterne chinoise au plafond – pour la lumière et surtout pour l'illusion des lumières rouges et silencieuses, et foultitude cavaliers avec leurs chevaux sauvages aux pieds sabots plantés volant dans la poussière sur un grand tableau en papier peint dont je ne saurais me séparer. acte 2. pieds nus dans la nuit et en silence, je noue mes cheveux, je m'habille d'un premier kimono en mince coton blanc recouvert d'un autre doux et matelassé dont la couleur n'a plus de nom, avec des vins et des parfums. Sans savoir pour quels motifs inutiles et futiles je vous livre cela. Images et mots. Sensations. Écrire pour vous ou pour n'importe qui si lointains proches étrangers d'ailleurs je ne sais pas et ne veux pas le savoir tout cela n'a aucune importance. Seul le geste et la passion propulsant le mouvement importent et aussi ce contrat tacite de continuer tant et aussi longtemps qu'il y aura au moins une seule et unique personne qui lira cette page. acte 3. des ouvertures sur le ciel et les toits des maisons d'en face, les branches des arbres nues et plus loin le grand vide à occuper avant qu'il ne se dissolve dans l'infranchissable tout. Quand je reste à ce bureau travailler jusqu'à me laisser surprendre par les premières lueurs blanchâtres de l'aube, j'arrive presque à entendre les tam di di dam di lam et les petits cailloux coincés dans la botte des cow-boys.

Haut de page