Vermeer : La jeune fille à la perle

Revu hier soir pour la deuxième fois La jeune fille à la perle, un film de Peter Webber, inspiré du tableau, et muse du lancement de ce cinquième cahier.

Liens à conserver pour une recherche sur le peintre Johannes Vermeer [1632-1675] :
my studios.com

Dans la pile de livres à lire ou relire cette semaine il y a encore l'abondant et génial T.E. Lawrence et Les sept piliers de la sagesse, Scholem avec La kabbale et sa symbolique, et puis Kristeva pour Le génie féminin, Foglia dans Le tour de Foglia, Jacobsen : Niels Lyhne ; et je picore on and off dans Baudelaire, ses Oeuvres complètes avec une couverture en toile rouge vif.

Découvert ce matin le Everybody knows, de Leonard Cohen, chanté par Florent Volant en montagnais. Sublime.

Extrait de L'Encyclopédie des symboles :

La psychologie regarde généralement le chat comme un animal typiquement féminin (E. Aeppli), et comme un animal de la nuit ; or la femme, comme chacun sait, plonge ses racines les plus profondes dans le côté obscur et indistinct de la vie. Le chat possédant donc une nature féminine, les jugements négatifs que de nombreuses cultures ont portés sur lui ne seraient alors rien d'autre que l'expression d'une agressivité déguisée envers la femme, et plus généralement, d'une misogynie psychologiquement très profonde.

Mis beaucoup d'attention et de passion à la reconstruction de ce journal et je n'ai pas vu le temps filer, avaler les heures et les minutes, gober mes meilleures énergies comme des oeufs crus ; j'en oubliais souvent de manger et dormir. La faim m'a sortie de mon obsession tout à l'heure : j'ai couru la ville du sud au nord et du nord au sud et d'est en ouest aller et retour pour ramasser les provisions de base : beurre, lait, pain, riz, légumes, poissons, viandes, fromages, et du vin, comme de raison.

Acheter du vin ces temps-ci relève de la guérilla urbaine. Les employés de la saq [société des alcooliques *anonymes* du québec] sont en grève. Le vin des épiceries et dépanneurs est infect et coûte le double du prix. Solution petit a : se rendre dans les rares magasins saq maintenus en service, je sais pas pourquoi puisque c'est la grève, s'y rendre donc en fermant les yeux et les oreilles sourdes aux invectives des piqueteurs [pas nombreux mais armés de propos virulents et insultants – sur Beaubien] ; ou encore, solution petit b : il est possible de perdre encore plus de temps et traverser en ontario pour dévaliser leurs liquor boards en joignant la meute des québécois assoiffés. J'ai rapporté une caissette de clémentines du Maroc, petits fruits jaune orange qui ensoleillent mes hivers et que je conserve dans la dépense [c'est peut-être un sacrilège, mais je les préfère très très froides].

Les ci-hautes tranches de vie et trivialités des plus ordinaires, c'est ce qui s'écrit, les trivialités ne me font pas peur mais il n'y a pas que ça. Ne pas paniquer. J'ouvre mon cinquième volume avec cette question dans l'intention de bien signifier sinon d'affirmer que vous êtes en train de lire et délire mon journal à moi annie strohem et que je suis toujours là malgré tout, et que je ne verserai pas dans les potins et les petits scandales pour attirer à tout prix des lecteurs, ni dans les partis pris politiques puisque je ne veux pas de ça, je veux rester critique devant tout ce que je vois et entends bref tout ça pour dire que c'est bien moi qui écrit et personne d'autre et sous aucune influence. Quand il m'arrive de me laisser influencer, je me perds et je n'aime pas ça.

Mais ce moi qui écrit ce soir n'est pas simple à suivre comme une ligne droite. Et le je qui écrira la suite de ce journal égale ou égalera la somme de toutes les autres identités littéraires et non pas réelles [en chair et en os] qui ont pris de temps en temps le relais de la voix narrative dans ce journal, sinon ça ne va pas fonctionner. Tous ces je représentent chacun pour soi de petites et grandes parts de moi comme les morceaux d'un miroir cassé ou les petites pièces de verre colorées d'un kaléidoscope : l'Ariane Fabre du premier cahier, la Script flanquée de sa Lady A, et puis Érika von Strohem et caetera du Journal de Script et enfin ce dernier personnage qui a pris mon nom et qui signe.

Script était la plus folle, la plus inventive, toujours en amour. Et cet hiver je l'ai retrouvée et elle sera là comme jamais, et j'ai bien l'intention de lui remettre le clavier dans les mains autant que faire se peut, de même qu'à toutes les autres voix. Ce cinquième cahier en est un de réunification et en même temps de fragmentation car c'est le prix à payer. Je doute tout le temps de mes connaissances, et je remets toujours tout en question, mais de moi comme être en chair et en os et fidèle et respectueux de la vie et des libertés des êtres vivants et de ceux que j'aime ou pas je ne doute pas comme je ne doute pas de mon coeur qui bat. Cependant, les petites choses de la vie ne sont pas toujours simples. Par exemple, cette maison est à vendre et elle n'a pas encore trouvé d'acheteur, ils disent que le marché est stagnant. OK. Mais ambivalente comme je l'ai été quand il m'a fallu prendre la décision de vendre, je suis tentée, très tentée ces jours-ci de dire enlevez-moi cette pancarte, je ne vends plus. Sauf que mon envie et le besoin de vivre près du fleuve est toujours là. On va laisser l'affiche à vendre jusqu'en mars.