Quel jour on est, quelle date. Questions utiles quand j'ouvre le journal mais le reste du temps cela n'a pas beaucoup d'importance. Je dis ce matin pas déjà le 30. Pas déjà la fin de novembre et je n'ai encore rien écrit dans mes Carnets d'hiver. Le froid humide de l'hiver montréalais est pourtant bien là, agrippé aux gens qui marchent plus vite dans les rues, qui sortent déjà moins. J'avais laissé la fenêtre de ma chambre un peu trop grande ouverte hier soir. Il faisait plutôt glacé à mon réveil.

Déjà cinq jours depuis la dernière page de ce journal, et je ne sais pas si je boude, ou si je triche, ou si je feins de jouer à m'éloigner de l'Internet et ses petits réseaux qui ne tiennent bien souvent qu'à un fil, à me faire croire que je pourrais ne plus avoir envie d'écrire ici et puis passer outre aux tergiversations et autres hésitations pour mettre un peu de rumba dans l'air, le smoking de travers.

J'adorais cette chanson de Souchon et ça fait des lunes que je l'ai entendue et voilà qu'elle me revient par cette étrange association qui s'est nouée autour de mes neurones comme une écharpe de laine rouge et comme qui dirait à mon insu. Permettez-moi une parenthèse-recherche et je reviens avec :

Fermez les yeux des grandes filles bleu marine
Toutes alanguies pour nuits de Chine
Sur les banquettes de moleskine des limousines
Écoutez l'histoire entre Trouville et Dinard
D'un long baiser fini c'est trop tard
Les mains sous l'satin
Caresse du matin
Chagrin

[Le site d'Alain Souchon est amusant, mais il n'a pas l'air d'être accessible ni valide ni tout ça, dommage. Karl aimera-t-il tout de même les petites vaches ;-) y'en a même une qui fait meugh quand on clique dessus, c'est trop mignon.]

Quoi qu'il en soit, c'est bientôt la page 300 et je mettrai le point final à Voyelle. Je suis presque prête à commencer le Volume 5 du journal avec une page UN toute neuve et peut-être un nouveau design. Attention attention, diariste cherche inspiration pour dessiner son prochain carnet.

En attendant, j'ai des remords parce que j'utilise depuis longtemps en page d'accueil l'image de la baignoire sans autorisation – bien sûr, j'avais écrit à son personnage-auteur pour la lui demander et je n'ai jamais reçu de réponse. Ça devient gênant. Je me dis qu'elle m'aurait écrit depuis belle lurette si elle ne voulait pas la prêter, et puis peut-être pas.

Bref, pour me dégager de cette fichue culpabilité, j'enlèverai dès aujourd'hui la jolie baignoire de Laurence Rizk et je la remplacerai pas une des images inspirantes de Patrick Bizouard, avec sa généreuse permission, et toute ma gratitude. Triste que son site soit fermé.