28. une chanson douce

Une chanson douce pour une voyelle au nom de A., un a bleu très pâle, presque blanc. Longue et fine liane d'un mètre soixante-dix, les yeux bleus noyés de cheveux noisette. Elle respire son neuf-mille-cent-vingt-cinquième-jour-sur-terre aujourd'hui. Elle va, elle vient, elle vit, elle jongle avec le vent. Toujours libre, et fière. Aimante. C'est Fête. C'est trop peu de temps pour écrire, donc.

Reste que les souvenirs heureux laissent des traces. Le jour de sa naissance, les petites fées ont fait tout un ravaud autour de son lit. Pendant ce temps-là, mademoiselle A., comme toute bonne voyelle qui se respecte, souriait aux anges. Comment ne pas être heureuse quand on est le centre du monde ? C'était à qui lui ferait le don le plus original, le plus gros cadeau, un vrai don.

Et c'est depuis ce jour-là que la belle A. de ma chanson douce grandit en plein soleil, refermant ses pétales la nuit, les ouvrant tout grands le jour, et buvant l'eau du ciel à longues gorgées goulues, les jours de pluie.

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