Quoi ? Le bogue est réparé ? J'avais tout essayé hier et ça n'avait rien donné. Le problème d'encodage semble s'être corrigé tout seul, mais je soupçonne plutôt le chevalier libre penseur du chèvrefeuille d'être passé par là ;p)

Quoi qu'il en soit, ça m'a fait un choc, vendredi, de voir le journal illisible sans que j'y sois pour quelque chose, et surtout sans que je puisse le réparer. Ça m'a donné à réfléchir, à saisir combien tout ce qui est réel et concret est éphémère. À lâcher prise davantage quand je n'ai aucun contrôle sur ce qui arrive. Yark.

Perdre ce journal, c'était un peu comme perdre une partie de ma mémoire. Ou comme si on avait souillé ou déchiré les pages du seul exemplaire d'un gros livre que j'aurais écrit pendant que quelqu'un était en train de le lire. Ce n'était plus qu'un objet souillé, brisé, malgré tout le soin et les précautions que j'avais pris pour le construire.

Je l'avoue, j'ai un peu paniqué. Et comme les petites souris, j'ai cherché partout une issue hier, et aujourd'hui aussi [mais pas beaucoup]. Heureusement que je pouvais enfiler un grand manteau et sortir dehors, au vent et à la pluie, et j'ai acheté des fleurs rouges et des blanches, des fleurs pour me laisser toucher et pour qu'elle ne souffre pas, jamais, et je continuerai de faire du ménage dans ma vie. De la place pour écrire les histoires qui sont encore au chaud au fond du coeur. J'ai donc accepté de laisser les codes bizarres en place, et accepté que, à la limite, ce journal et tout ce que nous pouvons écrire ou dire est éphémère. Et que seule la pensée, et les sentiments profonds, à soi, sont inaltérables.

Et puis toute la soirée et une partie de la nuit, j'ai lu un merveilleux roman de Haruki Murakami, Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil. Un beau livre univers, un livre désir, l'histoire d'un amour impossible entre un homme et une femme, un amour qui dure toujours, avec des airs de jazz, un concerto de piano, de la neige et un long fleuve avec de l'eau claire.