20. enfin le froid

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J'aime croire que la mémoire sensorielle soit la seule véritable intelligence du corps. Si le cerveau n'est pas équipé [je ne dis même pas doué] des quelques milliers d'infimes cellules, neurones, ou fragments qui la composent, c'est peine perdue, on devient vite une proie pour n'importe qui et n'importe quoi d'un peu mal intentionné ou négligent, ou d'accidentel. Ce neuro-gadget cérébral veille et surveille même quand on dort, et ça enregistre tout ce qui se passe. J'ai pas d'exemple sous la main, mais il y en a des centaines dans la vie de tous les jours, c'est ce qui avertit d'avance d'un danger pour soi ou ceux qu'on a mission d'amour et protection.

Les nuits d'hier et d'avant-hier, couchée sur la terre fraîche de septembre, j'ai lu le Journal de Thoreau. Ce soir, par le plus beau des hasards, il fait enfin froid, un bon froid coupant et vif pour marquer la naissance de l'automne. Et pour vous [et moi], j'ai noté ceci :

La Nature ne se hâte jamais ; ses révolutions suivent un cours régulier. Le bourgeon se gonfle imperceptiblement sans hâte ni désordre, comme si les courtes journées du printemps étaient une éternité. Chacune de ses opérations semble, sur le moment, le seul objet pour lequel toutes les choses sont différées. Pourquoi donc l'homme se hâterait-il, comme s'il avait moins que l'éternité pour accomplir l'action la plus petite ? Qu'il mette des siècles, s'il le faut, pour bien faire la tâche la plus humble, ne serait-ce que se couper les ongles.

Vous aimez mes tulipes roses ? Si elles sont là, c'est un peu la faute à Romain ;-) I get secrets at night, but it's a miracle | they don't stay. I get | secrets at night, but they go | away.

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