8. rêves fous

J'ai rêvé toute la nuit à des histoires invraisemblables. Dans le premier rêve, x. arrivait ici sans s'annoncer et défonçait la vitre de la porte d'entrée à coups de hache, à trois heures du matin. Et moi, j'étais là, en robe de nuit, toute échevelée, et je lui disais sur un ton de reproche amusé, et très doucement : mais pourquoi tu n'as pas sonné... ? Ce à quoi X. répondait : ma puce, je ne veux pas te contredire, mais tu ne m'aurais jamais ouvert cette damnée porte ! Ensuite je protestais et je me justifiais. Comme toujours. Mais oui, voyons, je t'aurais ouvert, je t'attendais..., et bla bla bla, et pourquoi tu me prêtes toujours des intentions que je n'ai pas ? Et caetera. Et ensuite, on se tombait dans les bras l'un de l'autre en se dévorant de bisous bien mouillés et en se disant des je t'aime repentants, les larmes nous coulant des paupières comme la sève des érables au printemps, comme il se doit. Dites, elle est folle, ou tombée sur la tête, pour rêver à des trucs pareils ?

Je ne sais pas si c'est l'effet du rêve, mais quand je me suis levée ce matin, j'ai empoigné mon avenir à bras le corps et je l'ai secoué si longtemps qu'il a fini par me dire de le laisser tranquille, qu'il comprenait, et qu'il ferait en sorte dorénavant de me donner un peu moins de tristesse et un peu plus de tendresse, d'amour et de plaisir. Ensuite j'ai fait ce qu'il fallait faire aujourd'hui, selon ma longue liste du lundi, mais en commençant par le plus important et en me disant : quoi qu'il arrive, ma fille, surtout, ne pas te laisser abattre. Et mes autres rêves ? Ils ne sont pas plus racontables que le premier. Alors je passe.

[Je viens de me souvenir d'un détail du premier rêve. x. disait : c'est pas grave, la vitre cassée, le proprio va la remplacer demain matin, viens te coucher. Et moi : tu oublies juste une petite chose qui coche, c'est moi, le proprio.] Arf. Il y a de ces rêves qui mettent de bonne humeur.

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