Un matin d'avril 2002, j'ai lu dans le journal de [...] qu'il y avait eu un tremblement de terre durant la nuit. Oublié sur quelle page c'était. Il n'y a décidément que sur le web qu'on peut se vanter sans honte et tremblements de lire le journal des autres.

Un tremblement de terre ? Ah. Je ne savais pas. J'avais entendu du bruit, comme des toc toc répétitifs. Je croyais que mon lit commençait à s'effondrer et ensuite le bruit s'était éloigné et ça continuait, et j'ai cru que c'étaient mes voisins qui faisaient l'amour selon un nouveau rythme.

J'ai alors pensé aux voisins de K. et à son envie d'aller sonner à leur porte pour leur dire et moi, on m'invite pas, ou quelque chose comme ça. Je me suis rendormie un peu et j'entendais le bruit changer de place et alors je me suis dit ils sont partis s'aimer dans une autre pièce et après, le bruit se déplaçait, s'éloignait, et je continuais à penser : ils font l'amour dans chacune des pièces de la maison.

Et je me sentais si bien de penser à ça que je me suis rendormie doucement pendant que le tremblement de terre s'éloignait. Peut-être que c'était la terre qui faisait l'amour. Oui, mais avec qui, Rodin ? La terre est une femme difficile.

camille_montdevergues.jpg

Portrait tiré par William Elborne : Camille Claudel à l'asile de Montdevergues, 1929. Gelatin silver print. Private collection, United Kingdom. Reproduction dénichée sur le site belcikowski.org.

Ce matin-là, j’avais aussi déniché dans les pages de Difficult Women, quelques passages intéressants à propos de Camille Claudel :

…the child, straight and lithe, eyes of green onyx, she knew what she would be, she would be someone who waited, the rain fell harder, she stood at the extreme edge of the cliff, looked across the countryside. The wind undid her hair ribbons, her face was smeared in mud. Her hair swirled around her face like so many serpents. The storm raged, the sky flashed white. Her awful laughter frightened her little brother . . she walks violently. She is an insolent girl. She loves to squeeze handfuls of mud and shout indecently into the wind. Camille Claudel, the old aunt with a wink in her eye. Soon the nun will stand over me, hold the mirror to my mouth for a sign of breath. She is the lover of the genius sculptor, Auguste Rodin, and the sister of the genius poet, Paul Claudel. The bells toll three melancholy notes. She thinks, « I am glad to be escaping the old beef stew in its oily black sauce, sour the year round, an old dish of macaroni, swimming in grease, perhaps in hell, I can have good boiled potatoes.