24. intime beauté

On se demande si on a le droit d'observer les fleurs d'aussi près. Celles-là, ce n'est pas possible. Elles sont trop belles. Elles ne mesurent que 7mm.

Voir d'aussi près la nature, cela me bouleverse. Avons-nous le droit de « capturer » des images comme ça ? Les fleurs n'ont-elles pas le droit elles aussi de s'aimer dans le plus grand secret ? Peut-être que c'est l'émotion devant tant de beauté qui me fait dire ça. Les fleurs ont-elles besoin d'intimité ?

petites fleurs rouges vues de près

Je me dis que oui. Qu'il ne faut pas troubler, pas déranger la vie des plantes, ni celle des animaux. Ni celle des humains, d'ailleurs. Mais au moment où l'on regarde cette image, les petites fleurs rouges avec des enveloppes vertes poilues ne sont déjà plus de ce monde. Nous devenons ainsi des spectateurs privilégiés de leur fascinante splendeur. Avec nos yeux, nous ne pouvons que voir, regarder. Rien de plus.

Les papillons se posent aussi sur les fleurs et ils les regardent sûrement à la dérobée en s'abreuvant de nectar. Ils font comme nous ? Ils doivent avoir de fort jolies prises de vues. Mais ils ne se doutent pas que pendant qu'ils se nourrissent de leur suc, les fleurs secouent sur leurs ailes une partie de leur pollen, une fine poudre qu'ils vont transporter à leur insu sur une autre fleur.

Je le savais bien que tout ce beau monde-là faisait l'amour pendant que nous les observions comme des voyeurs pervers. Sauf qu'en transportant des fragments d'images ici et là, nous faisons un peu comme les papillons. Nous butinons pour donner aux fleurs une autre vie, une vie nouvelle. Celle de notre sensualité.

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