3. une peine d'amour

Un chat qui dort. Les nuages bas. Le ciel gris. Mi alma como las pupilas azules del padre. Escribir. Amar. Aimer et écrire. Mon âme comme les yeux bleu ciel du père. Je place un petit cadre noir avec sa photo prise dans les années trente sur le mur derrière l'écran de cet ordinateur sur lequel je passe des heures à écrire et rêver. Il se tient fièrement dans une pose à la Napoléon, le bras replié sur la poitrine, les épaules droites et rejetées en arrière. Un homme fort, tendre, avec un regard d'acier dans lequel je trouve la force, une grande paix. Quand mon papa est mort, c'était déjà un jeune vieillard usé par une vie trop dure, et moi, je n'avais que dix-neuf ans. Je lui avais demandé de ne pas mourir tout de suite, de rester encore un peu avec moi. Il n'a pas pu, il ne pouvait pas vivre plus longtemps avec ce cancer qui lui rongeait la moelle. Je crois que je n'ai jamais voulu m'avouer que cette mort-là fut ma première véritable peine d'amour.

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