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Quelques fleurs, des cyclamens des bois. Et de la musique en souvenir d'un premier amour, d'un premier rendez-vous. Je ne peux pas imaginer ma vie sans musique. Après les Variations Goldberg, je commence mon lundi avec le Prélude no. 7 de Chopin. Curieusement, cela me ramène à Bach et à Gould puisque l'on dit que les Préludes sont un peu parents ou inspirés par les Claviers bien tempérés. Les archives audio de Gould sont un vrai trésor et c'est fabuleux d'y avoir ainsi accès de chez-soi : The Glenn Gould Archives, conservées à la Bibliothèque nationale du Canada. Il y a différents enregistrements de Gould, des essais et interprétations plus la voix qui chante et fredonne sa musique et c'est terrible d'entendre cet homme ainsi. Il y a des enregistrements faits en studio et d'autres chez lui dans sa maison qui représentent the pianist at his most relaxed and unscripted, ce sont mes préférés. Écrire c'est ça aussi, ça se fait comme ça sans chercher, furieusement, en jouissant de le faire et en toute lucidité. Gould fait plus qu'interpréter la musique, il crée autre chose, son propre monde avec sa tonalité et son génie à lui. Il a vécu toute sa vie dans la solitude, c'est incroyable ça, de vivre comme ça en dehors de toutes conventions sociales ordinaires et inutiles, en individualiste absolu et sans s'éloigner de son idéal. C'est terrible. Se donner totalement à l'art et à sa vie, être soi-même, c'est peut-être la meilleure façon d'aimer.