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Dans notre prochaine existence,
nous nous garderons bien d'être humains,
nous serons deux oies sauvages,
volant bien haut dans le ciel,
les neiges aveuglantes,
les mers et les eaux,
les monts et les nuages,
les poussières rouges du monde.
De loin nous les regarderons
comme si nous n'étions jamais tombés. [N'Guyen-Khac-Hien, poète vietnamien]

La maison est calme, vivre dans cette maison me fait du bien. J'aime son silence. Je n'ai jamais autant profité de cet espace que maintenant. Ici, il n'y a que de la vie, aucun fantôme et pas de loup cachés dans les placards. Pas d'ex-mari, pas de de mari, donc pas de ciel mon mari, jamais. 

C'est une maison ouverte et douce qui a une âme et qui sent bon le miel et la fleur de pommier. Il n'y a que du bonheur entre ces murs et de grands éclats de rire, du plaisir. Même les larmes qu'on écrase avec deux doigts comme la flamme d'une bougie y ont bon goût.

J'éprouve ce plaisir étrange de flotter et je ne marche pas, je glisse les pieds dans des chaussettes rouges et mes sandales au look japonais qui faisaient bien rire Jack, je glisse comme sur un nuage la chose est bien étrange enfin je ne m'attendais pas à ça, à cette liberté ultimement consentie assumée, choisie et embrassée, je me sens si libre soudain et heureuse d'avoir enfin trouvé-retrouvé en moi cet espace pour créer sauvagement et de tout mon corps pour que tout éclate à l'intérieur, que tout se fragmente et se resoude instantanément si bien que la sission, la fissure n'y survit pas et qu'elle disparaît enfin à jamais. À proprement parler.

Et surtout le plaisir, cet incroyable désir d'exposer les jeux du langage et de ma vie à des milliers de regards inconnus qui en retour me donnent leurs textes à lire, à écouter. Ultimement sublime.