112. where the hell are my dreams gone

C'est dimanche. Normalement, jour de repos. Dans un pays très loin d'ici ils votent, ils sont anxieux. Moi aussi. Alors je fais du ménage.

Quelqu'un m'écrit : « tu as l'air heureuse... » Heureuse, moi ? Je ne sais pas. Vraiment, je ne sais pas. Comment peut-on s'imaginer que je suis heureuse. Comment savoir si je suis heureuse. C'est quoi être heureux. Quelqu'un voudrait-il m'expliquer.

Et puis non. Je ne demande ni n'attends d'explication. Chacun est très bien là où il est, enfermé dans sa petite bulle bien à lui avec des idées pré-mâchées vues à la télé ou au cinéma. Ou chez les autres.

Moi, ma vie, je veux pas qu'on me la fasse toute faite. Je me la vis ma vie parce que mon coeur bat et qu'il n'y a rien d'autre à faire. Je vis parce que mon corps est là. C'est tout. Je pense que je suis vivante mais on n'en sait rien. Peut-être bien que je suis morte depuis longtemps. Comment savoir ? Quelqu'un voudrait-il m'expliquer. Et puis non, oubliez ça. Where the hell are your dreams gone, me direz-vous.

La psychologie à trois sous ne m'a jamais intéressée et c'est pas aujourd'hui dimanche, jour de ménage et jour d'élections, n'est-ce pas, que je vais commencer. Idem pour les religions avec leurs dieux bidons. Alors je lave les planchers, les balcons, les vêtements, les murs. Je lave à grande eau avec du savon sans phosphates, sans enzymes, sans chlore ni soude et fait avec de l'essence de lavande. Normalement c'est pour la lessive, mais moi j'en mets partout. Sauf sur moi. Parce que ça, madame blancheville, ce savon-là, double concentré, ça lave. Vivement que ce soit propre et que ça sente bon. Yep !

Les fenêtres sont grandes ouvertes. La vie est belle, si belle, ça me tue.

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