105. un ruban garance

Extrait du journal de nietzsche, live.

[Il marche de long en large à moitié mort de rire, cherchant son souffle dans l'absolue nécessité de l'ivresse.]

Je me suis avancé dans le printemps chocolaté et y reste reniant les joues froides ! déclame-t-il en se drapant dans son large manteau noir.

Je marche de large en long à moitié vivant de pleurs, trouvant mon expiration dans la relative option de la sobriété.

C'est une sorte d'ivresse sobre, une divine et insoutenable légèreté du souffle de l'âme. Vertigo.

Et les friandises bourgeonnent sur les visages rencontrés tout au long des ruelles. D'indicibles bonbons acidulent en silence entre les cuisses des jouvencelles.

La mousse de l'ivresse sombre s'enivre de vin, de poésie ou de vertu, peu importe, mais enivrez-vous. Que voulez-vous, tant qu'à déclamer du Baudelaire, autant s'y mettre et dilater la fibre poétique des amours décomposés au flanc du porto dilaté.

Le rouge des opérettes n'édulcore en rien les voix nocturnes qui nagent, qui survolent en des liens ténus les danses présentes.

[Narquois et serein, il ceint son front d'un ruban garance, ainsi qu'un ancien diadème de sang, un symbole de royauté hellénistique. Superbe, sublime, ses lèvres s'insurgent contre le silence sournois et il caresse le satin safran enroulé comme un serpent autour de ses reins. Il continue.]

Colosse et nymphe élancés et lovés de verbes pleins, tout simplement, lovés par des verbes pleins. « Love moi », intime l'un. « Vole moi », souffle l'autre. « Dérobe moi... »

Con passion. Le chat passe la nuit caché sous le lit. Illusione. La jeune femme au visage trop blanc pose sa main fraîche sur mon front. Tout se passe à l'intérieur. Weltinnenraum.

Le ryhtme est lent et s'écoule en langueur le charme de l'instant. Zeitgeist. Il réclame sa musique dans l'air du temps. Elle lui tire le tarot et il prophétise qu'il la taraudera. Kapla !

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