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Aujoud'hui il y a la page 99 et demain ce sera la page 100. Génial. Pourquoi j'ai pas écrit pendant deux jours ? Bon. Lundi, je me suis remise à douter, une fois de plus ; et hier, j'ai failli mettre la clé sur la porte, une fois de plus. Mais c'est pas grave.

Douter, c'est plutôt sain. Le doute [un doute insoluble sur la valeur de ce qu'on y écrit, Barthes dixit], cela porte un nom, c'est la « maladie » du journal. Mais c'est pas un cancer. Je commence à savoir ce que c'est et quand ça m'arrive, maintenant, je pianote mes doutes et ma colère sur le clavier en me les dédiant à moi-même et je les garde juste pour moi. Ce doute serait-il l'expression d'une crise de narcissisme aiguë, très cher Sigmund ? Non.

Écrire un journal « intime » - sur le web en plus - on pourrait penser que c'est du narcissisme pur parce qu'on y parle de soi, toujours de soi, rien que de soi [almost]. Erreur. C'est impossible d'être le sujet de sa propre écriture puisque c'est l'écriture qui EST le sujet, parce que c'est le langage que je manipule, travaille et retravaille dans le journal un jour après l'autre en avançant par en avant. Et c'est là que la chose devient intéressante, passionnante.